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L’Organisation patronale des industries (OPI) n’entend pas rester en marge de l’élection présidentielle du 28 juillet. Elle a décidé d’adresser aux 28 candidats en lice, le Livre blanc de l’industrie, un document contenant la situation actuelle de l’industrie malienne, ses problèmes, les solutions ainsi que les résultats attendus. Le document a été présenté hier à la presse, au cours d’une conférence au siège de l’OPI à Niaréla.

Dans leurs projets de société, les différents candidats ont prévus des actions en faveur du secteur industriel et ont promis de créer des milliers d’emplois. Le développement industriel ainsi que la création d’emplois doivent passer impérativement par le secteur privé. Ainsi, l’organisation patronale des industries (OPI) a décidé d’agir en amont de l’élection du nouveau président de la République. Elle a initié la transmission à tous les candidats du livre blanc de l’industrie.

C’est entouré des autres membres de son bureau que le président de l’OPI, Cyril Achar a présenté le document. Avec cette initiative, première du genre au Mali, l’OPI espère interpeller les candidats sur la situation de l’industrie malienne et leur rappeler que certains continents comme l’Europe ont été développés à la sortie de la guerre. Le Mali se trouve aujourd’hui dans une telle situation où il faut impérativement relancer l’activité économique, créer des emplois, transformer la production nationale.

Le livre blanc de l’industrie dresse la situation actuelle de l’industrie malienne qui n’est pas très reluisante. En effet, il ressort du document que le Mali est le premier importateur de produits industriels de l’UEMOA avec une balance commerciale déficitaire de plus de 380 milliards de FCFA. Le pays compte 500 unités industrielles dont plus de 400 sont des petites unités plus proches de l’artisanat.

Le poids de l’industrie dans le PIB est de seulement 4%. L’industrie malienne va mal et depuis plusieurs années elle est minée par de nombreux problèmes structurels et conjoncturels qui font que le pays est l’un des moins industrialisés de la sous-région.

La crise sécuritaire et institutionnelle de 2012 est venue aggraver cette situation. De nombreuses unités sont fermées. Parmi les principaux problèmes, l’OPI retient l’insuffisance d’infrastructures de base, le coût élevé de certains facteurs de production, la vétusté des équipements, le coût de l’énergie, l’inadéquation formation-emplois, l’enclavement, l’accès difficile au financement, le taux élevé de l’impôt, la contrebande, le taux de la TVA sur la production nationale, le poids de l’informel.

Pour la relance de l’industrie malienne, l’OPI propose 20 solutions. Il s’agit de 8 solutions conjoncturelles et 12 structurelles. Parmi les solutions conjoncturelles, il y a la réduction de la TVA à 5% uniquement pour les produits manufacturés et non importés, la suppression de la taxe sur les activités financières, l’implication de l’OPI dans l’attribution de parcelles à usage industriel, l’application du tarif extérieur commun aux produits frauduleusement originaires de l’UEMOA et de la CEDEAO, l’application rigoureuse des valeurs de référence aux produits non originaires.

Pour les solutions structurelles, il y a l’accélération de la mise en place d’un fonds de garantie et d’un fonds d’investissement national pour les entreprises, la suppression de l’entrepôt privé, l’abaissement de l’impôt sur les sociétés à 25%, la défiscalisation de l’emploi, la réduction du coût de cession des parcelles à usage industriel, la baisse du tarif de l’électricité.

L’OPI espère que les candidats vont prendre en compte ces propositions. L’organisation qui est apolitique n’entend pas donner de consigne de vote. Elle veut rencontrer le président élu pour dégager avec lui les voies et moyens pour la relance du secteur industriel, chose indispensable pour le développement socio économique de notre pays.

Youssouf CAMARA

12 Juillet 2013