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Dans ce cadre, des agents de la Brigade urbaine pour la protection de l’environnement (Bupe) chargés de cette tâche ont été agressés le 20 mai dernier à Bamako-Coura.

En effet, les hommes de la Brigade avaient alors tenté de faire déguerpir les commerçants qui occupent la façade du Camp des gardes situé en face des locaux de la Protection civile de Bamako-Coura.

Mais l’opération a tourné court, les agent de la mairie du District ayant été agressés par des membres des familles avoisinantes qui ont emporté toutes les marchandises saisies par la Brigade.

Cet acte d’incivisme inadmissible atteste du caractère délicat de la mission de libération du domaine public.

Pourtant il faudra bien le faire, car en la matière, le seuil de tolérance est largement dépassé.

En effet, la capitale se trouve dans un état de délabrement et d’insalubrité dû aux installations anarchiques et à l’occupation illicite du domaine public par les commerçants, constate le directeur général de la Bupe, Adama S. Coulibaly.

Il explique que la Brigade urbaine dans son travail quotidien a projeté des actions concrètes menées sous l’autorité du gouverneur de Bamako, Ibrahima Féfé Koné, et du maire du District, Adama Sangaré.

Les opérations ont débuté en février dernier par le Boulevard du peuple. Au cours de cette sortie de terrain, le véhicule de service de la Bupe a été incendié par un groupe de commerçants ambulants.

Après cet incident, le maire du District a désigné une commission de libération du domaine public.

Celle-ci est composée d’agents de la mairie du District, de représentants de la Bupe, du gouvernorat, de la Chambre de commerce et d’industrie, des commerçants détaillants et des membres d’une association dénommée « Benkadi Ton ».

La commission qui a reçu plus de deux millions et demi de Fcfa s’attelle depuis mars, à rendre la circulation plus fluide, en procédant à la délimitation des trottoirs.

Plusieurs actions de sensibilisation ont été menées en direction des commerçants détaillants et ambulants sur le Boulevard du peuple.

Adama S. Coulibaly assure qu’au cours de ces actions de sensibilisation, la commission a pu obtenir l’adhésion des boutiquiers riverains du très fréquenté Boulevard.

Ce n’est qu’après que la Commission a délimité les trottoirs avec des balises peintes en rouge et blanc qui obligent les détaillants à respecter l’espace servant de trottoir entre ces balises et la chaussée.

Avec ces balises, la Bupe, en collaboration avec la commission, a ainsi pu mettre un frein à la circulation les pousse-pousse sur le Boulevard du peuple.

Mais que constate-t-on aujourd’hui ? Les places libérées ont aussitôt été occupées par les véhicules.

La commission a donc été conduite à confectionner des panneaux interdisant le stationnement. Ceux-ci sont implantés sur le côté droit du Boulevard dans le sens de la marche.

Les commerçants qui étaient installés en face de la Maison des artisans ont tous été recasés, assure le patron de la Bupe. Et aujourd’hui, la circulation est fluide sur la voie.

Adama S. Coulibaly estime que pour rendre ces actions pérennes, il faut davantage de moyens logistiques.

Sinon, les efforts fournis seront vains. La direction de la Brigade urbaine pour la protection de l’environnement demande ainsi deux véhicules légers de transport des troupes, une grue et un camion de type benne.

En plus du Boulevard du peuple, la Bupe a installé des antennes dans les six communes du District. Celles-ci opèrent sous l’autorité des maires et de la brigade. En Commune I, les opérations ont concerné la route de Koulikoro, la rue pavée de Korofina et les alentours du marché de Fadjiguila.

Les installations démolies en Commune II sont des hangars, kiosques, containers, points de vente d’essence et des panneaux obstruant la voie.

Ici, le secteur concerné va du pont du Banconi au rond point de l’hôpital Gabriel Touré. La voie reliant l’abattoir frigorifique à l’hôtel de l’Amitié et celle passant devant l’école de la République sont également dans la ligne de mire.

En Commune III, cinq artères principales sont ciblées : les avenues Van Vollen Hoven, Modibo Kéïta, Mamadou Konaté, le 5 septembre et Kwamé Krumah. Les berges du fleuve Niger à ce niveau sont aussi concernées.

En Commune IV, tous les occupants illégaux de la voie qui va du Boulevard Cheick Zayed jusqu’au pont « Woyowayanko », en passant par le marché de Lafiabougou ont été dégagés. La route qui mène du monument de la Paix au poste de police de Sébénicoro fait partie des endroits où l’ordre va être restauré.

En Commune V, les opérations sont menées dans plusieurs directions : l’artère qui passe par l’échangeur du Quartier-Mali, la rue allant de Torokorobougou à Baco-Djicoroni et la façade du cimetière de Sabalibougou.
La Commune VI est la seule partie du District où l’opération n’a pas encore débuté. Ici, on continue de sensibiliser.


S. DOUMBIA

04 Juin 2008