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Plus grand pays d’Afrique sub-saharienne convoité pour ses richesses minières, pivot instable du continent avec son arc de neuf frontières, la République démocratique du Congo a tenté de rassurer ses partenaires occidentaux avec l’annonce dimanche d’un calendrier électoral prévoyant des élections en décembre 2018. Mais le mandat du président Joseph Kabila a expiré depuis le 20 décembre 2016 et il s’était déjà engagé à organiser des élections fin 2017. – Pourquoi n’organiser les élections qu’en 2018 ? – Réponse des autorités: pour organiser des élections crédibles malgré la situation sécuritaire. Réponse des opposants: Kabila et ses proches « s’accrochent » au pouvoir pour « piller » le Congo. Les contraintes existent dans ce pays immense (2,3 millions de km2, 70 à 80 millions d’habitants), qui n’a jamais connu d’alternance politique pacifique. Outre les enjeux logistiques (acheminement du matériel électoral), la commission électorale a insisté dimanche sur la difficulté d’enregistrer près de 45 millions d’électeurs dans le contexte actuel (violences armées, 3,8 millions de déplacés internes…).L’émissaire de Donald Trump a été entendue puisque la commission électorale évoquait encore récemment des élections en mars-avril 2019 (« 504 jours » après la fin du recensement). Le rapport de force semble être donc encore favorable au président Kabila. A défaut d’être populaire et de pouvoir compter sur une armée 100% fiable, il peut s’appuyer sur les autres organes sécuritaires de l’État (garde présidentielle, renseignements….), et son entourage proche.AFP