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La crise alimentaire qui menace le sahel peut dégénérer en urgence humanitaire de grande ampleur. C’est le constat qu’a fait l’organisation Non Gouvernementale Oxfam grande Bretagne.

Le Mali est, avec le Tchad, la Mauritanie et le Niger, un pays cité par les agences humanitaires dans lequel la situation alimentaire est très préoccupante. Le Burkina Faso et le Niger ne sont pas non plus épargnés par la menace alimentaire.

Dans ces six pays où environ treize (13) millions de personnes sont menacées par la faim d’ici les prochaines récoltes, les taux de malnutrition oscilleraient entre 10 et 15 %. Ce taux dépasse souvent «le seuil d’urgence de 15 % dans certaines régions», rapporte Oxfam dans un communiqué. Ce communiqué précise que «plus d’un million d’enfants font face à un risque de malnutrition sévère».

jpg_oxfam.jpgPour s’enquérir de la réalité sur le terrain, la directrice internationale d’Oxfam, Penny Lawrance, a effectué une visite de prospection dans certains pays du Sahel dont le Mali. Comment l’ONG peut-elle aider les populations affectées à réduire leur souffrance ? Voilà l’objet d’une conférence de presse que Mme Lawrance a animé, le 9 février 2012 à l’issue de sa visite au Mali. Elle était accompagnée du directeur Oxfam pour l’Afrique de l’Est, Francisco Equiza, et du directeur du bureau d’Oxfam au Mali, Eric Mamboué.

Au moins 195 communes sont déclarées à risque alimentaire au Mali, dont la réponse requiert des distributions gratuites de céréales et la vente à prix modéré. Environ cent dix (110) milliards de F Cfa sont indispensables pour conjurer le fléau au Mali. Ces chiffres, précise Eric Mamboué, émanent des services spécialisés de l’administration d’Etat notamment le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) et le Système d’Alerte Précoce (SAP). «Le Mali sera en avance sur (la réponse à) la crise», a assuré le directeur d’Oxfam pour l’Afrique de l’Est, qui a par ailleurs exposé l’historique de la précédente (2011) crise alimentaire de la corne de l’Afrique.

Cette note d’espoir ne doit pourtant pas occulter l’urgence des problèmes. Le conflit armé entre les forces de défense et de sécurité et les rebelles dans le septentrion du Mali a entrainé des déplacements massifs de la population. De nombreuses communes affectées se trouvent dans cette zone, difficile d’accès même pour les agences humanitaires. Les quatre régions du nord (Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal) qui représentent les zones les plus vulnérables au Mali ont été exclues des localités de visite de Mme Lawrance. La directrice d’Oxfam s’est contentée de certaines localités rurales des régions de Kayes et de Sikasso.

En écartant toute idée d’abandon de ces populations, les responsables de l’ONG affirment que toutes les zones affectées seront prises en compte dans la réponse globale à ce phénomène de crise alimentaire. Et les actions, affirment-ils, sont menées en coordination avec l’Etat et les autres organisations humanitaires. Une coordination régionale d’aide aux déplacés a déjà été installée à Gao et regroupe plusieurs ONG dont Oxfam.

Seydou Coulibaly

12 Mars 2012

©AFRIBONE