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Le vote aux « forceps » de deux lois sur la nationalité et sur la propriété foncière, censé régler les questions identitaires et de terres en Côte d’Ivoire, constitue une « bombe à retardement », a estimé lundi à Abidjan un opposant ivoirien « Ces lois ont été votées un peu trop rapidement par une Assemblée nationale boîteuse », a déploré Laurent Dona Fologo, président du Rassemblement pour le progrès, la paix et le partage (RPP, un parti d’opposition).Il a souhaité « une longue campagne d’explication » pour éviter que « certains aspects de cette loi ne soient remis en cause sous une prochaine législature ».
La loi sur la propriété foncière propose un nouveau délai de dix ans aux propriétaires terriens pour se faire établir des titres fonciers. Ce titre foncier ne peut être délivré qu’à un Ivoirien. La loi sur la nationalité permet aux requérants de bénéficier de la nationalité ivoirienne « par déclaration » en lieu et place de la procédure de naturalisation qui était jusque-là en vigueur. « C’est une loi dangereuse qui ne reflète pas la volonté des Ivoiriens », nous a affirmé , Gouagnon Séri, chargé de la Justice et des Droits de l’homme au FPI. L’acquisition de la nationalité ivoirienne étant désormais plus facile, les immigrés propriétaires de terres devenus ivoiriens pourront se faire établir des titres fonciers et conserver leurs terres. Les deux questions de nationalité et de propriété foncière sont au coeur de la crise traversée depuis une décennie par la Côte d’Ivoire, pays de forte et ancienne immigration où la plus grande anarchie règne concernant les titres de propriété foncière. AFP.