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Les députés ont à l’unanimité accepté la modification de la loi d’orientation sur l’éducation, jeudi dernier lors de leur séance plénière, en supprimant l’article 60.

Le projet de loi portant Loi d’orientation sur l’éducation avait été adopté par notre pays en 1999. Cette loi énonce les principes fondamentaux, les objectifs ainsi que les règle générales de la politique nationale dans le domaine de l’éducation et de la formation.

En son article 60, elle stipulait que : « les fonctions de chef d’établissement, de conseiller pédagogique ; d’inspecteur et de directeur de centre d’animation pédagogiques (Cap) sont soumises à un concours. Les modalités d’organisation de ce concours sont fixées par arrêté des ministres en charge de l’éducation ».

Cet article visait la recherche de la qualité de la gestion de
l’école à travers la mise en place d’une administration cohérente et efficace, une professionnalisation des administrateurs scolaires en les soustrayant des nominations par affinités politiques, l’égalité de chance à tous ceux qui souhaitent accéder à des postes de responsabilités scolaires.

Mais dans la pratique, il s’est avéré difficile de le mettre en œuvre à cause des diverses interprétations que les uns et les autres faisaient du concept « chef d’établissement ».

En effet, ce concept pourrait être extensible aux directeurs d’écoles fondamentales. Or, il est fastidieux, voire coûteux d’organiser chaque fois des concours pour recruter des directeurs d’écoles fondamentales et même des structures préscolaires.

Par ailleurs, tous les chefs d’établissement publics y compris les établissements relevant de départements ministériels devraient, en principe, être concernés par le concours. L’article étant muet sur cet aspect, il est loisible de l’étendre à tous les établissements publics sans distinction de tutelle.

Grosso modo, l’article 60 de Loi d’orientation sur l’éducation a suscité beaucoup de vagues dans les milieux des enseignants. Le constat a été d’ailleurs fait par les députés, notamment la présidente et le rapporteur de la commission éducation, culture et communication. Le concours avait, soulignent-ils, créé de fait un corps des directeurs de Cap qui n’existe pas dans la fonction publique.

Certains directeurs d’école nourrissaient un complexe de supériorité vis-à-vis de leur directeur rendant du coup l’atmosphère peu vivable. De la même manière, les relations entre certains directeurs de Cap et certains conseillers pédagogiques étaient entachées de complexe, de réserve, voire d’indifférence et d’insubordination.

En abrogeant l’article 60 de la Loi d’orientation sur l’éducation les députés estiment que cela va créer les conditions d’un apaisement du climat dans l’espace scolaire. Ils ont aussi recommandé la formation continue des directeurs de Cap en fonction et au redéploiement des anciens directeurs à hauteur de leur expérience.

Le respect des différents statuts particuliers du personnel enseignant, l’ouverture à l’EN Sup d’une filière pour former des inspecteurs, conseillers pédagogiques et administrateurs scolaires ainsi la création des corps d’inspecteurs d’enseignement fondamental, secondaire général et inspecteurs d’enseignement normal ont été autres recommandations formulées par les députés.


Denis Koné

30 Juin 2008