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Initialement attendu pour le 2 mai 2012, le premier conseil des ministres du gouvernement de transition n’aura lieu qu’une semaine après, le 9 mai ; dirigé par le président par intérim, le Pr. Dioncounda Traoré. Les nouvelles autorités maliennes ont fait un pas vers la réalisation des garanties juridiques annoncées à l’endroit des militaires qui ont renversé le président Amadou Toumani Touré, dans la nuit du 21 au 22 mars dernier.

jpg_une-727.jpgLe point phare examiné au cours de ce conseil des ministres aurait été le projet de loi portant amnistie générale. Cette amnistie concerne les membres de l’ex-junte militaire qui a renversé ATT. «Le projet de loi est adopté en exécution des dispositions» d’un «accord et pour créer un climat politique et social apaisé», précise le communiqué du conseil des ministres. «L’amnistie accordée, ajoute-t-il, couvre toutes les infractions ainsi que leurs tentatives ou complicités, prévues et punies par les textes en vigueur commises sur le territoire national en lien avec la mutinerie ayant abouti à la démission du Président de la République».

La constitution malienne de 1992 indique que le coup d’Etat au Mali est prohibé. Le capitaine Amadou Haya Sanogo, en conduisant une équipe militaire pour la conduite d’une opération de destitution du président de la République, justifiait son action par une «incompétence» du pouvoir en place. Une crise institutionnelle et politique s’était installée et avait abouti à «de graves conséquences sur le plan social et sécuritaire», rapporte le ministère de la justice.

Cerise sur le gâteau ! Ni la communauté internationale, notamment la CEDEAO, ni les partis politiques ayant dénoncés le coup d’Etat n’ont fait du retour du président déchu à la tête de l’Etat une exigence. Néanmoins, son exfiltration vers le Sénégal fut défendue et obtenue auprès du Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE) après une démission formelle le 8 avril. Ce qui laissait d’ailleurs la voie à un retour à l’ordre constitutionnel consigné le 6 avril dans un accord cadre entre les militaires et la médiation de la CEDEAO. Accord matérialisé par l’investiture du président de l’Assemblée nationale comme président de la République par intérim et la nomination d’un premier ministre de transition «doté de pleins pouvoirs», selon les termes de l’accord cadre. Le 24 Avril, le décret de nomination du nouveau gouvernement a été signé.

Le comité militaire n’ayant pas été dissout, le capitaine Sanogo et ses hommes sont restés omniprésent sur la scène publique. Option dictée, selon des sources, par une méfiance vis-à-vis de ses partenaires au niveau nationale et international mais aussi par la crainte d’un détournement des objectifs du coup d’Etat. La loi d’amnistie qui vient d’être approuvée par le gouvernement sera acheminée à l’Assemblée nationale pour validation. Le processus mettra-t-elle un terme à la crise institutionnelle ? Rien n’est moins sûr ! «Tout ce que j’entreprends se fait dans l’intérêt du peuple malien», clame régulièrement le capitaine Sanogo qui estime avoir comme priorité la libération du nord du pays, sous occupation total de mouvements armées depuis le 1er avril.

Seydou Coulibaly

Le 10 Mai 2012

© AFRIBONE