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S’il y a un problème qui préoccupe aujourd’hui le commun des Maliens, c’est surtout la hausse des prix des logements et magasins en location.

En effet, tous les quartiers de Bamako se sont presque transformés en centres commerciaux, car à chaque carré, ce sont des maisons qui sont construites pour être mises à la disposition de ceux qui en expriment le besoin, soit pour en faire une maison à usage d’habitation, soit pour la transformer en magasin ou boutique de vente de produits divers.

Donner des maisons en location est devenu une véritable profession, et un marché juteux pour les promoteurs desdites maisons qui en tirent d’énormes bénéfices. Mais cela ne va pas sans problème pour les locataires, qui trouvent que les frais de location sont trop élevés, compte tenu du revenu des Maliens moyens.

Malgré tout, les propriétaires, eux, se moquent de ce que les usagers peuvent en penser. Ce qui importe pour eux, c’est surtout l’argent qu’ils engrangent dans cette activité qui est devenue depuis, un commerce aussi enchérissant qu’enrichissant.

Actuellement, dans tout le district de Bamako, cette activité est tenue par des promoteurs d’agences immobilières qui opèrent dans tous les quartiers. Pire, à côté de ces agences immobilières se trouve un réseau développé composés de ceux qu’on a communément appelés les “coxeurs” : de véritables spécialistes dits connaisseurs du milieu.

Ces derniers, pour leur simple déplacement, exige une somme exorbitante au locataire prétendant (le pourboire, sinon le… ”Pour manger”), sans compter qu’après satisfaction, ledit locataire doit se fendre de la moitié du prix mensuel de ladite location.
Au jour d’aujourd’hui, cette activité est devenue la source d’une concurrence acharnée entre coxeurs et entre agences immobilières de la place.

Des maisons qui coûtent les yeux de la tête

Aujourd’hui, cette problématique de maison crée la douleur de bon nombre de chefs de famille, à cause du coût très élevé des prix des maisons en location.
Pour celui qui tient à son image et veut prendre (en location) l’option chambre et salon plus magasin, on lui demande d’abouler la somme de 30 000FCFA. Pour l’option deux chambres, salon, plus magasin, on lui propose 40 000FCFA. Et s’il y a douche intérieure, on lui exige 50 000, sinon 60 000FCFA. C’est à prendre, ou à laisser.

Le pire, c’est que celui qui veut louer une villa ou une maison de trois chambres, salon, douche et autres, il lui sera proposé des sommes variant entre 150 000, 200 000, et 300 000FCFA pour la villa, et entre 100 000 et 125 000FCFA pour l’option trois chambres plus salon, douche et magasin.

Mais où va donc le Mali, du moins le locataire, quand on sait que le salaire du Malien moyen ne lui suffit même pas à lui seul, à plus forte raison payer chère la location. Si l’Etat fait des efforts pour faire diminuer la hausse du prix des produits de première nécessité, en fixant les prix, pourquoi n’en fait-il pas de même avec les propriétaires de ces maisons en location?…

Il est temps que l’Etat s’implique par rapport à cette lancinante question de location de maison au Mali, sinon la situation va de mal en pis. Si seulement l’Etat pouvait fixer les prix en fonction des options, rien que pour amoindrir les dépenses des chefs de familles.

A Badalabougou Sema II, personne ne pourrait aisément prendre des magasins en location, tant leurs prix sont élevés. Ici, un seul magasin est cédé à 60 000 FCFA ; pourtant le propriétaire construit plus de 10 magasins.

Aux dires d’un locataire, seul le projet des logements sociaux constitue la solution, sinon l’espoir, pour soulager les Maliens de leurs maux de logement. Aussi, ledit locataire dresse son coup de chapeau à ATT, pour cette belle initiative qui préoccupait tant des Maliens.

Mais en attendant, ce sont les coxeurs et les agences immobilières (ou non) de ces maisons et magasins qui se la coulent douce.

Mariétou KONATE

13 Février 2008.