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La réhabilitation et l’extension des périmètres rizicoles en vue de satisfaire les multiples demandes de parcelles et d’accroître la production et la productivité sont des défis que l’Office du Niger doit relever afin de jouer pleinement la mission qui lui est assignée depuis les premières heures de l’indépendance à savoir assurer la sécurité alimentaire du Mali en luttant contre la pauvreté et servir de grenier pour l’Afrique de l’Ouest et ailleurs.

Pour ce faire, l’une des priorités parmi les priorités est et demeure la mobilisation des fonds auprès des bailleurs pour la réalisation des projets. Ainsi, de 2000 à nos jours, sous le règne du directeur général sortant Issoufi Kéïta, plus de 28 milliards de F CFA ont été injectés à l’Office du Niger. Ne sont pas comptabilisés dans ce montant d’autres réhabilitations, extensions et aménagements.

Venu à la tête du géant de la riziculture le 7 septembre 2000, Issoufi Kéïta a hérité d’un climat de tension qui nuit au développement de la zone. Ce climat se caractérisait par les agissements des syndicats notamment avec la création du syndicat des exploitants agricoles appelé Sexagon (syndicat des exploitants agricoles de l’Office du Niger) qui invitait régulièrement ses militants à des marches contre la direction.

Conscient que dans un cadre de partenariat comme celui entre l’administration de l’Office et ses producteurs, seul un climat apaisé, transparent et de confiance réciproque permet un développement continu et durable, Issoufi Kéïta et son équipe ont entrepris de parfaire leurs relations avec l’ensemble des organisations paysannes. Ce qui a permis aux bailleurs de fonds de croire davantage en l’Office du Niger et d’y investir.

Ainsi, les actions menées ont été l’étude de faisabilité de 5 000 hectares à Sabalibougou et Phedié avec le financement de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour un montant de 583 millions de F CFA, l’aménagement du casier de Ké-Macina pour la deuxième phase pour 3 160 ha grâce au financement tripartite du fonds koweitien (7 298 millions F CFA), de l’OPEP (6 337 millions F CFA) et de l’Etat malien (1 570 millions F CFA).

S’y ajoutent la promotion de l’irrigation privée (agro-business) sur financement USAID à hauteur de 500 millions F CFA, l’extension partiteur KL4 pour un montant de 760 millions de F CFA sur financement encore de l’USAID. Il faut compter également la réhabilitation de 1 115 ha à Kokry et l’extension de 250 ha à Kogoni peulh sur financement Arpon IV pour une somme de 1 300 million de F CFA.

Enfin, il y a l’extension du casier branche est de Ndebougou III pour 1 720 ha sur financement de la KFW pour un montant de 9 839 355 000 F CFA. Ce qui fait au total, la somme faramineuse de 28 187 355 000 F CFA injectée à l’Office du Niger de 2000 à nos jours sous la direction de Issouffi Kéïta.

Ne sont pas comptabilisés dans ce montant d’autres réhabilitations, extensions et aménagements tels que la réhabilitation des casiers de Niaro I et II sur 2 400 ha, celle de Sokolo sur 5 550 ha. Pour les extensions, nous avons celle de Ndebougou phase III sur 1 720 ha et de Kogoni. Enfin, pour les aménagements, il y a celui de Siribala nord (500 ha), Shiengo sur 520 ha, de Choualani Siribala Coro sur 500 ha, du distributeur de Séribabougou et de Alatona.

Des études de 15 000 ha et 2 000 ha sont menées respectivement à Alatona dans le cadre du Millenium Challenge et dans la branche de Molodo. La réalisation des infrastructures à Bewani par le groupe Alfhoref pour 5 milliards de F CFA et l’aménagement de 2 500 ha à Touba avec l’accord de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).
Durant ces quatre dernières années, environ 47 000 ha ont été aménagés avec l’introduction de la culture du blé. Ce qui a fait dire à ATT qu’il a fait plus que tous les régimes.

Malgré ces avancées, le problème foncier demeure une véritable épine dans les pieds de l’administration de l’Office du Niger. Il se caractérise par l’insuffisance de l’offre par rapport à la demande. Ainsi, cette situation a créé, en un certain moment une forte pression avec son cortège de litiges autour des parcelles de l’Office du Niger. Ainsi, la direction a été amenée à résoudre des problèmes dans les périmètres de Retail 4 et de Minimana II.

La réduction du déficit de trésorerie et la certification des comptes a été également l’une des grandes œuvres de Issoufi Kéïta. Pour preuve, l’analyse des bilans des exercices 2000 et 2001, fait ressortir une réduction du déficit de trésorerie qui est passé de 12 871 000 F CFA en 2000 à 4 171 000 F CFA en 2001.

Les comptes de 1999, 2000 et 2001 ont été certifiés grâce aux efforts de correction et de rattrapage comptable de la direction générale. Cela a été possible grâce à une gestion rigoureuse qui a permis l’équilibre des ressources et emploi jusqu’en 2006. Pour ce registre, l’on peut citer l’exécution du programme des jeunes ruraux.

Autres avancées enregistrées sous Issoufi Kéïta fut la prise en compte de certains aspects sociaux. Conscient de l’importance de cet aspect, la direction a préservé tous les acquis et a procédé à l’avancement de deux échelons de tous les travailleurs en 2002 puis en 2006.

En outre, tous les agents se sont vus payer le 13ème mois de salaire de 2000 à 2005. Un nombre important a pu être doté de moyens adéquats de travail.

Issoufi Kéïta a fait ce qu’il a pu faire. Le reste de cette lourde mission revient à son successeur Seydou Idriss Traoré.

Alassane DIARRA

10 août 2006.