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L’environnement du Mali est caractérisé par un déséquilibre entre les ressources naturelles et les besoins croissants d’une population en quête de meilleures conditions de vie, conduisant du coup à une dégradation de ces ressources.

Le Rapport national sur le développement humain 2006 intitulé « Gestion de l’environnement pour un développement humain durable » publié aujourd’hui même émet une série de recommandations qui aideront le Gouvernement Malien et tous les acteurs du développement à mener des actions visant à renverser les tendances actuelles.

Fruit de la coopération entre le PNUD et le Gouvernement du Mali à travers l’Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte contre la Pauvreté au Mali (ODHD/LCPM), le présent Rapport national sur le développement est le résultat des travaux d’une équipe d’experts environnementaux maliens.

En matière d’environnement le constat est alarmant au Mali : raréfaction des ressources agro-sylvo-pastorales, avancée du désert, surtout dans les zones du Nord, disparition de nombreux habitats naturels et d’espèces sauvages, abandon de 7 à 15% des terres pour raison d’infertilité, disparition de plus de 100.000 ha de forêts par an. En plus de cela, il convient de noter une forte concurrence entre les activités agricoles et pastorales qui entraîne souvent des affrontements entre agriculteurs et éleveurs. La pollution des eaux et des sols est également inquiétante.

odhd1.jpgM. Djibril Tangara, Ministre du développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées, rappellera que la Constitution du pays stipule dans son préambule que « le peuple souverain du Mali s’engage à assurer l’amélioration de la qualité de la vie, la protection de l’environnement et du patrimoine culturel« . Cette option, a t-il mentionné, est effectivement traduite dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la pauvreté (CSLP 2002-2006) dont le troisième axe vise justement à assurer une gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement.

« Le thème du présent rapport est hautement d’actualité, car il traite du lien entre la dégradation des écosystèmes et le développement humain durable« , dira M. Djibril Tangara. « Il tente de démontrer la corrélation qui existe entre la dégradation des écosystèmes et les composantes essentielles du développement humain durable telles que le revenu, la santé, l’éducation, le genre, la sécurité alimentaire, la participation à la vie économique et sociale » a ajouté le Ministre.

Le Rapport présenté par M. Zoumana Fofana, Coordonnateur de l’ODHD/LCPM, met l’accent sur l’effet néfaste des activités humaines sur l’environnement et les services liés à celui-ci. Il insiste également sur la douloureuse question de la désertification qui se pose à un pays sahélien comme le Mali et qui conduit au cercle vicieux « désertification-pauvreté« .

M. Djibrina Barry, Economiste principal du PNUD, après avoir salué l’indépendance et la totale liberté de ton du Rapport, dira que son organisation est convaincue qu’ « il est possible de transformer ce cercle vicieux en cercle vertueux qui conduira le Mali à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, en ce qui concerne la faim et la pauvreté et la préservation de l’environnement« .

Pour M. Nampaa Sanogho, auteur principal, « le Rapport national sur le développement humain 2006 vise à susciter le débat autour d’une problématique importante et dont on n’a pas la conviction qu’elle est suivie avec attention ». Il a insisté sur la nécessité de mettre en application les textes déjà existant sur la question environnementale.

Le Rapport est original en ce qu’il produit de nouveaux indicateurs de l’environnement comme l’indice de dégradation de l’environnement et l’indice d’ensablement du fleuve, correspondant à des outils scientifiques de mesure des dégâts.

Il recommande l’amélioration des techniques de maîtrise des eaux de surface et des eaux souterraines par la réalisation des barrages ainsi que la mise en place d’un programme de gestion intégrée des ressources en eau. Le Rapport préconise d’élaborer et d’appliquer rigoureusement une politique réaliste d’aménagement du territoire pour une gestion durable des ressources végétales.

Le Mali connaît de multiples formes de déboisement. Le Rapport souligne de ce fait la nécessité d’atténuer la pression humaine sur les ressources forestières, à travers la poursuite de la promotion des énergies de substitution, des énergies nouvelles et renouvelables et la réduction de la consommation de bois-energie. Il invite également les décideurs à trouver des formules visant à améliorer et rationaliser les techniques et pratiques pastorales.

Les auteurs du Rapport lancent un avertissement quant au contrôle rigoureux des produits chimiques toxiques utilisés dans les industries extractives et l’application rigoureuse du code minier et du décret portant institution des études d’impact environnemental.

L’étude lance un appel en faveur de la lutte contre l’ensablement de toutes les sources d’eau et au renforcement des capacités de gestion communale, communautaire et villageoise des ressources naturelles.

Les débats qui ont suivi convergent vers l’utilité d’organiser, à travers le pays, des sessions de dissémination du Rapport auxquelles le PNUD apportera encore son précieux concours

Mahamadou Coulibaly

15 septembre 2006.