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La lutte contre l’excision ne doit pas être seulement l’apanage des femmes. Mais des hommes aussi. Ce qui a poussé Aboubakar Eros Sissoko à mettre en évidence la barbarie de l’excision dans son dernier roman intitulé : « Mariama Kaba : un destin tragique ».

« Nous n’avons plus le droit de toucher au corps de la petite fille », tel est désormais le slogan du jeune écrivain malien résident en France Aboubakar Eros Sissoko. Il vient de publier, aux éditions l’Harmattan, un roman sur une histoire tragique d’excision, « Mariama Kaba du Mali : un destin tragique ».

« L’histoire de Mariama Kaba m’a troublé et fasciné depuis l’enfance. Lorsque je l’ai découverte chantée par le griot du Khasso Ousmane Sacko et les musiciens Kar-Kar et Madina Ndiaye. Son horreur continue de hanter ma vie d’adulte », explique l’auteur, qui s’est inspiré d’un fait réel mettant en scène la barbarie de l’excision.

Père de deux enfants, Eros est résolument engagé dans la lutte contre l’excision qui ne doit plus être, « l’affaire des femmes mais un combat humain. Les hommes doivent s’impliquer pour que cesse cette pratique néfaste », a-t-il dit, hier au lancement du livre dans un hôtel de Bamako.

Abondant dans le même sens, la coordonnatrice du Programme national de lutte contre l’excision Mme Joséphine Kéita, fera noter que ce combat ne se gagnera qu’avec la sensibilisation et l’implication de tous. « La question de l’excision est très délicate, très sensible car elle est culturelle. Notre bataille, la sensibilisation a eu des acquis et nous préparons la loi sur l’excision », a-t-elle ajouté.

Le roman est préfacé par la présidente de l’Association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (Amsopt), Mme Kadiatou Aoudou. Elle y évoque les conséquences de ce rite qui vont de l’aliénation sexuelle de la femme à la fistule en passant par l’incontinence, les complications à l’accouchement…

La cérémonie de lancement du roman, qui entre dans le cadre de la célébration de la journée internationale « Tolérance zéro à la pratique de l’excision », a regroupé des représentants d’ONG et des responsables du ministère de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille.

Sidiki Y. Dembélé

Bio express

Né à Bamako, il y a 36 ans, Aboubakar Eros Sissoko est diplômé de l’Institut national des arts (INA) du Mali et de l’Ecole des beaux-arts de Toulouse (France). Il vit à Evry depuis une quinzaine d’années. Cet éducateur spécialisé nous fait partager ses souvenirs d’enfance dans ses écrits au nombre desquels « Sadio et Maliba l’Hippopotame », « La mort de Maliba, l’Hippopotame au temps des colonies ». Il prépare un livre sur Nicolas Sarkozy et un film sur Mariama Kaba.

S. Y. D.

06 février 2007.