Partager


Juge au Tribunal de première instance de la Commune II, Adama Yoro Sidibé vient de publier un livre intitulé « Droit et pratique du droit au Mali » aux éditions Jamana. La cérémonie de lancement de l’ouvrage a eu lieu samedi dernier au Mémorial Modibo Kéita sous la présidence du bâtonnier de l’Ordre des avocats.

C’est devant une foule nombreuse composée d’hommes de droit, de lettres et d’étudiants que l’auteur de « Droit et pratique du droit au Mali » a présenté le 14 juillet dernier son œuvre, un document de 158 pages qui traite en détail les procédures les plus usités, tant en matière pénale, sociale que cambiaire.

Critique, « Droit et pratique du droit au Mali » l’est, car faisant un catalogue assez large de nombreuses erreurs, amalgames et souvent inepties de nos lois et normes réglementaires. Avec courage et objectivité, M. Sidibé passe au peigne fin la mauvaise pratique qu’en font les techniciens du droit.

Il relève de nombreuses contradictions textuelles et le manque de réalisme de certaines normes rendant hypothétique leur bonne application. Ces maux ont pour noms : lenteur de la justice, indépendance de la justice, juge et corruption, inamovibilité des juges… Bref, des règles dont l’inobservation allonge le temps de la procédure.

« Droit et pratique du droit au Mali » est un document riche en enseignements, il peut intéresser tous ceux qui font profession de droit : professeurs, magistrats, auxiliaires de justice, juristes, etc. Des nombreux témoignages, il est apparu que ce livre s’adresse aux étudiants, au grand public et surtout aux professionnels du droit.
« Mon objectif était de susciter le débat, je pense qu’avec tout ce que je viens d’entendre ce matin, je peux dire que l’objectif est atteint », a dit l’auteur.

Pour Hamidou Konaté, directeur général de la Coopérative culturelle Jamana, une société où le débat constructif n’existe pas se meurt. Ce livre est une invitation au débat et Jamana qui n’a d’autres objectifs que la promotion des cultures maliennes et africaines demande à tous de participer au débat d’idées tout en ayant le sens de la mesure, a-t-il poursuivi.

Au nom du barreau, le bâtonnier a remercié et félicité l’auteur pour son courage. M. Sidibé, selon Me Seydou Idrissa Maïga, après ses études à l’Ecole nationale d’administration, est passé par un cabinet d’avocat avant d’exercer les diverses fonctions dévolues à un magistrat : substitut du procureur, juge d’instruction, juge au siège et président de Tribunal. Une somme d’expériences qu’il a jugée bon de partager avec la postérité : en écrivant.

Idrissa Sako

16 juillet 2007.