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La jeunesse de Lafiabougou-Bougoudani en Commune IV, regroupée au sein de l’Association des jeunes pour le développement de Bougoudani (AJDB), et les responsables municipaux et notabilités du quartier ne soufflent plus dans la même trompette.

A l’origine de cette mésentente, l’attribution par l’Etat de 100 hectares pour le recasement des déguerpis de Bougoudani, Djikoroni-Para, Sébéninkoro et Taliko, des quartiers qui ont fait l’objet de lotissement.

Ainsi, Bougoudani a bénéficié de 62 lots aux environs du cimetière de Lafiabougou en zone ACI.
Le chef de secteur du quartier, Daouda Dembélé, est aujourd’hui contesté par les responsables de l’AJDB.

Ceux-ci l’accusent d’avoir déjà reçu dans l’ombre un quota de lot tout en piétinant l’intérêt des habitants qu’il est censé défendre. « Pendant sept ans, nous avons cohabité avec deux tendances de chefs de secteur qui se sont toujours regardés en chien de faïence. Mais, avec cette histoire de 62 lots, ils ont formé une coalition contre les habitants de Bougoudani en complicité avec la mairie », dénonce Mamadou Coulibaly, secrétaire générale de l’AJDB.

Cependant, le maire de la Commune IV, Issa Guindo, et le chef de quartier de Lafiabougou, El hadj Birama Traoré, regrettent dans cette affaire l’attitude des jeunes qu’ils qualifient de tare.

Le maire, tout en reconnaissant avoir reçu plusieurs fois les membres de l’AJDB pour mieux les élucider sur le dossier, soutient que la gestion des 62 lots de Bougoudani qui se fait en collaboration avec le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales et le gouvernorat du district, est claire comme l’eau de roche.

Selon lui, l’attribution des 62 remonte à mars 2001 quand les déguerpis de Bougoudani devaient être recasés à Kalabanbougou. « Mais, à ce niveau, nous avons été confrontés à un problème, car les propriétaires de champs qui ont utilisé ces terres pendant des décennies ont réclamé leur droit coutumier. Ainsi, ces champs ont été purgés tout en donnant la priorité aux propriétaires de champs de choisir librement des lots en guise de reconnaissance du droit coutumier », explique M. Guindo.
« Evidemment, certains bénéficiaires du droit coutumier sont tombés sur certains des lots des recasés de Bougoudani qui devaient aussitôt attendre la prochaine opération de recasement malgré qu’ils aient déjà une notification d’attribution des lots de Kalabanbougou. C’est au total 115 cas de purges que nous avons à Bougoudani », précise-t-il.

A l’issue d’une assemblée générale, contre l’avis du maire de la Commune et du chef de quartier, l’AJDB a réclamé l’exclusion pure et simple du chef de secteur et son « ennemi » d’hier qui, selon elle, défendent leurs propres causes au détriment de celle des habitants de Bougoudani. Cette décision n’a aucune signification aux yeux du chef du quartier qui continue à accorder son entière confiance au chef de secteur de Bougoudani. « Ça fait plus de dix ans que je travaille avec lui et je n’ai rien à lui reprocher », tranche M. Traoré.

La jeunesse de Bougoudani, qui se dit déterminée à ne pas se laisser faire dans cette affaire, a sollicité l’implication du Vérificateur général dans le dossier. Elle a également choisi son chef de secteur, qui, même s’il n’est pas reconnu par le chef de quartier et la mairie de la Commune IV, reste son seul homme de confiance.

Des nombreux habitants de Lafiabougou Bougoudani, qui vivent pour la plupart dans la précarité, faute de logements décents, fondent beaucoup d’espoir sur ces parcelles qui doivent être gérées dans une totale clarté au bénéfice des plus nécessiteux.

Amadou Waïgalo

22 janv 07