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Au Mali, le l’un des premiers casse-tête est aujourd’hui sans conteste la gestion des litiges fonciers. Ni les chefs traditionnels ou coutumiers, ni la juste malienne ne ne parviennent à juguler ce phénomène de plus en plus grandissant. Ainsi on assiste fréquemment à des scènes dramatiques causant souvent des dégâts énormes en pertes humaines et matérielles.

Ce qui se passe actuellemnt à Moribabougou risque de finir dramatiquement si les plus hautes autorités du pays n’y prennent pas garde. Depuis quelques temps, un opérateur économique, habitant de la ville, est en butte à un tollé général venant de la Mairie et de la coordination des jeunes de la ville. Ne sachant plus à quel saint se vouer, se sentant lâché et abandonné par les habitants de Moribabougou, l’opérateur économique, un certain Cissé, est en train de procéder à toutes sortes de manoeuvres dilatoires pour… “se faire respecter”, selon lui.


De quoi s’agit-il?

Après la période 2004 qui a vu la ccommune rurale de Moribabougou confrontée à un problème d’eau, le Président de la République lui avait offertun château d’eau qui est gérée par la Mairie, en collaboration avec les coordinations des jeunes et des femmes. Du coup, la population voyait son calvaire fini, avec le bas prix de l’eau. Pourtant, avant la construction du château offert par ATT, l’opérateur économique, M. Cissé, et sa femme possédaient une société de distribution d’eau appelée Zeïna Hydro.

Mais le hic, c’est que les prix d’eau que le riche couple offrait aux populations n’étaient pas à la portée de la majorité d’entre elles : leur revenu est faible. Aussi, sentant la chute imminente de sa société (dirigée, en fait, par sa femme Zeïna), M. Cissé, sans se référer aux normes requises du domaine et du cadastre, décide d’occuper illégalement le terrain de footbll utilisé par la jeunesse de Moribabougou pour y ériger …des châteaux d’eau.

Pourtant, depuis 2004, des espaces lui avaient été cédés sur la colline, par la Mairie. Malheureusement, lesdits espaces n’ont jamais été utilisés par Cissé. Pis, un autre espace lui avait été donné près ddu cheemin de fer, pour qu’il puisse y construire un château relais. Mais rien n’y fit. Tablant certainement sur sa fortune, M. Cissén’en démord pas : le terrain de football sera sa propriété privée, avec un titre foncier !

Mais sa prétention sera balayée d’un revers de main par le responsable chargé des domaines et du cadastre de la Mairie, après vérification au niveau de la préfecture et de la tutelle. “Nous avons demandé en vain, à M. Cissé, de prouver, à travers des documents ; son appartenance du terrain. Mais il n’a jamais voulu nous répondre, à plus forte raison se présenter à la Mairie”, a-t-il ajouté.

Défiant superbement l’autorité municipale, M. Cissé décida de faire des soubassements pour l’installation de la société de sa femme. Ce qui révolta la jeunesse de Moribabougou qui passa à l’acte, en détruisant le début de ces travaux. Et M. Cissé, de porter plainte contre la coordination des jeunes dirigée par Fodé Djiré. Ces derniers furent tous arrêtés par la gendarmerie de Sangarébougou, puis transférés à Kati. Ce qui suscita la mobilisation de toute la population qui a finalement obtenu leur libération.

A travers une campagne d’intoxication, de dénigrements, de mensonges et de calomnies, M. Cissé, accusa la présidente de la Coordination des Associations et Regroupements des Femmes de la Commune de Moribabougou (CARFECM), Mme Maïga Yorobo Sitan Diarra, d’être l’instigatrice de la révolte des jeunes qui sont allés démolir les installations de la société à sa femme.


L’affaire est politisée

Pour connnvaincre l’opinion publique, M. Cissé porte les raisons de cette crise sur le débat politique. A ses dires, l’acte de vandalisme perpétré sur la société Zeïna-Hydro par la jeunesse dirigée par Fodé Djiré est purement politique. Pour lui, c’est Mme Maïga Yorobo Sitan Diarra qui a payé des jeunes et des loubards pour faire ce travail.

Du point de vue de M. Cissé, c’est grâce à sa distribution d’eau que sa femme, Mme Zeïna Haïdara, est devenue de plus en plus politiquement populaire à Moribabougou. Zeïna est membre de l’ex-RND (qui s’est fondu dans l’ADEMA). Et le Maire actuel, qui est US-RDA, est soutenu par la présidente de la coordination des femmes. Mais cette dernière a catégoriquement démenti ces allégations qu’elle juge fallacieuses et sans fondement.

Notre coordination est apolitique. Mon rôle est de consolider les acquis sociaux et de créer un climat apaisé. Nous n’avons jamais posé des actes obstruant l’extension d’un réseau de quiconque. Ce sont des désinformations, uniquement pour atteindre à mon honneur et ma dignité”, a-t-elle déclaré. Selon Mme Maïga Yorobo Sitan Diarra, elle ignorait même ljusqu’à la coloration politique de Zeïna Haïdara.

Par rapport aux allégations portées contre moi, je dénote une contradiction notoire. Ma relation avec Zeïna a été et demeure au beau fixe. Entre elle et moi, il n’y a que des relations professionnelles. La preuve est que nous avons organisé ensemble le Salon de l’Eau (SIDEAU).

Et je me présente personnellement à toutes les manifestations organisées par sa société. Mieux, nous gérons une fontaine de sa société et lui rendons compte à chaque fois que cela s’avère nécessaire”, a-t-elle révélé.

Concernant la destruction des installations de la société Zeïna-Hydro, le président de la coordination des jeunes, M.Fodé Djiré, a tenu à lever tout équivoque “Nous les jeunes, nous assumons la responsabilité de ces actes.

C’est moi-même qui ait payé le crieur public pour faire sortir les jeunes et aller détruire ces installations sur le terrain de football. Ce qui compte pour nous, c’est le terrain de footall, rien que le terain. Personne n’est derrière nous. Qu’il aille ailleurs !. Nous sommes prêts à laisser notre vie pour sauver le terrain de footaball ”, a-t-il martelé.

L’Etat interpellé

De tous les témoignages recueillis il ressort qu’aucun habitant de Moribagougou ne peut être en possession de ce terrain de football. Ainsi, le premier conseiller du chef de quartier, M.Taoula Keïta, âgé de plus de 70 ans a confirmé que depuis la fondation de Moribabougou, le terrain de football litigeux a été offert par les cheminots. Et ces derniers ont toujours protégé cette zone, pour que la jeunesse s’y divertisse.

C’est avec l’accord de Kati et Koulikoro que cet espace a été cédé pour servir de terrain de football. Personne à Moribabougou ne possèdera ce lieu, à moins que je sois mort. Je vous soutiens, chers jeunes”, a martelé à son tour le vieux keïta. Quant aux responsables du domaine et du cadastre, de l’eau et de l’Assemblée consulaire, tous ignorent comment M. Cissé a pu s’offrir ce terrain de football. Selon eux, il n’a jamais pu prouver cela.

C’est donc l’Etat qui est une fois de plus interpellé pour éviter des affrontements meurtriers entre M. Cissé et la population de Moribabougou. En tout cas la tension est vive, et même inquiétante, où chaque partie n’entend pas céder. D’ailleurs, ladite tension est montée d’un cran, ce 10 juin 2008.

En effet M. Cissé continue de verser du sable et du gravier sur le terrain de football. Et less jeunes n’entendent pas se laisser faire. Selon une jeune, M. Cissé aurait déclaré que l’argent peut tout avoir au Mali. Un appel est lancé au ministère de la Justice pour éviter un affrontement sanglant entre M. Cissé et les jeunes de Moribabougou.

Selon la présidente de la Coordination des Associations et Regroupements des Femmes de la Commune de Moribabougou, Mme Maïga Yorobo Sitan Diarra, le fait que la population soit satisfaite en eau potable à bas prix n’a pas été du goût de M. Cissé qui voit ainsi la faillité de la société de sa femme.

Depuis que ATT nous a donné ce château, M. Cissé s’est senti mal à l’aise. Car il voit son monopole, se terminer. Ce qui explique cette cabale conre moi. Mais moi je défendrai mon honneur et ma dignité en tout lieu et à tout moment”, a-t-elle souligné.


Sadou BOCOUM

12 Juin 2008