Partager

Le président égyptien Mohamed Morsi apparaissait lundi en position de force après avoir écarté le puissant ministre de la Défense et chef de l’armée, le maréchal Hussein Tantaoui, et annulé les larges prérogatives politiques dont bénéficiaient les militaires. La presse égyptienne a qualifié de « révolutionnaires » ces décisions annoncées à la surprise générale la veille, certain médias s’inquiétant toutefois de voir M. Morsi, issu des Frères musulmans, concentrer désormais d’énormes pouvoirs entre ses mains. Outre la mise en retraite de M. Tantaoui, 76 ans, et du « numéro deux » du CSFA, le général Sami Anan, M. Morsi a fait sortir du haut conseil militaire les chefs de la marine, de l’aviation et de la défense aérienne, pour leur confier des postes élevés dans le secteur public. Le chef de la marine, le vice-amiral Mohab Mamish, prend ainsi la direction de l’organisme chargé du canal de Suez, une des premières sources de revenus du pays. Ce coup de théâtre politique survient alors que l’Égypte fait face à une grave crise dans le Sinaï, où 16 de ses gardes-frontières ont été tués le 5 août près de la frontière avec Israël et Gaza. L’armée mène depuis une large offensive contre les « éléments terroristes » présents dans la péninsule. AFP.