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Comme tel, ces thèmes sont anticolonialistes : « Harmakhis, poèmes du terroir » de Fily Dabo Sissoko paraît aux éditions de la Tour-du-Guet en 1955. Puis suivent les « Feux de Brousse » et « Fleurs et chardons » et encore plus tard « Les jeux du destin » du même auteur. « Mon cœur est un volcan » de Mamadou Gologo paru en 1960 est du même ton anticolonialiste. Ce premier thème se double très tôt de celui de l’antiapartheid : « Mon Afrique » de M’Bamissa Sountara ou « Amour et Haine » d’Alkaly Kaba. La fidélité aux valeurs ancestrales et le retour à ces sources est aussi un thème qui double très souvent celui de l’anticolonialisme : « Domestiquer le rêve » ou encore « Que revienne la rosée sur les oasis oubliées » d’Albakaye Kounta. Enfin quelques poètes chantent le désenchantement né des indépendances et la dure vie de sous-développé : la sécheresse, la corruption.

Quant aux essais et récits maliens, ils ont dès le départ une écriture de restitution et de défense des valeurs traditionnelles ancestrales : Fily Dabo Sissoko et Massa Makan Diabaté. Le premier à travers « le petit Bodjel » ou « Koumen » et « Kaïdara » et Massa dans « Si le feu s’éteignait« , « Kala jata » et « janjon« . Tous deux se font le devoir de faire connaître les traditions maliennes peulh et mandingues. Hampaté Bâ va garder cette écriture dans toute son œuvre même romanesque, comme dans « l’Etrange destin de Wangrin« . Alors que Massa deviendra plus critique dans ses romans à l’égard de la société traditionnelle.

Les romanciers exaltant le passé et les valeurs du terroir sont autant de la première génération (avant les indépendances) que de la plus récente : Seydou B. Kouyaté dans les « Noces sacrées » ou Nagognimé Urbain Dembélé dans « l’inceste et le parricide« .

D’autres romans, plus nombreux, critiquent durement cette société traditionnelle et son immobilisme. Déjà en 1968 « Le devoir de violence » trace la ligne critique. Celle-ci sera continuée. Si Yambo Ouologuem se révolte contre l’idéalisation des valeurs traditionnelles dans « Devoir de violence« , Pascal B. Coulibaly dans « Angoisses d’un monde » dénonce la cruauté et la sauvagerie de certaines pratiques qui se voudraient traditionnelles. « Le prix de l’âme » de Moussa Konaté ou « Toiles d’araignées« , d’Ibrahima Ly montrent un milieu traditionnel étouffant et critiquent les travers de la société actuelle, qui continue de se réclamer du passé. La trilogie de Massa Makan Diabaté s’inscrit aussi dans la critique du milieu villageois dans ce qu’il a de contradictoires « Le boucher de Kouta » ou dans la dénonciation d’un pouvoir politique traite « le coiffeur de Kouta« .
« Morts pour la France », de l’auteur Doumbi-Fakoly est paru 1983.
Les auteurs de la nouvelle génération commencent à sortir de l’anonymat.