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Cela paraît en tout cas bien curieux de savoir pourquoi cette région de l’extrême Nord constitue une exception dans le processus de rétablissement de l’intégrité de notre territoire. Ici où ailleurs, l’on se demande pourquoi Kidal reste toujours aux mains du Mouvement national de libération de « l’Azawad », alors même que ce groupe armé ne représente pas l’ensemble des populations de cette région, encore moins celles du Nord de façon générale.

Mais, l’examen du contexte permet de comprendre que la situation de Kidal, s’explique en grande partie par un problème ethnique (notamment entre Ifogas et Imghads) auquel s’est greffé une guerre de contrôle territoriale qui passe, elle aussi, par une dimension ethnique. Toute chose qui a contribué à un émiettement systématique du politique avec son corolaire de foisonnement d’associations de toutes sortes. Ce qui pose d’ailleurs des problèmes dans le cadre de la commission dialogue et réconciliation. A cela s’ajoutent des rivalités d’ordre politique qui prennent sources dans les rapports entre les différentes communautés.

Ces antagonismes s’accentuent avec l’arrivée au pouvoir, par le biais de la démocratie, de la communauté des Imghads. Or, de l’avis d’observateurs, si Kidal est laissée aux mains du Mnla, cela s’explique par le fait que les Ifoghas, produits des circonstances issues de la colonisation, ne veulent pas que cette région soit sous le contrôle d’Ag Gamou et des Imghads. D’ailleurs, cette dimension ethnique dans la gestion du politique a eu pour conséquence la dissolution du bataillon du Colonel Gamou alors même qu’il détenait une capacité d’intervention qui pourrait être utile à Kidal. Et en voilà une contradiction qui, selon des analystes, risque de contribuer à l’exacerbation du nationalisme malien.

Par ailleurs, il y a lieu de préciser que la base sociale que d’aucuns imputent prétendument au Mnla et la méfiance des populations de Kidal vis-à-vis du Sud qu’ils évoquent nous paraissent bien loin de la réalité sur le terrain. Aussi, la question essentielle que plus d’un Malien se pose au sujet de Kidal est de savoir si l’armée française a une responsabilité dans le fait que notre armée a mis tout ce temps avant de se mouvoir vers Kidal, jusque là dans le giron des narcotrafiquants du Mnla.

Bakary SOGODOGO

06 Juin 2013