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Après les partenaires techniques et financiers, le vendredi 18 avril, le Premier ministre, Modibo Sidibé a rencontré, hier lundi 21 avril, les acteurs de la filière riz pour leur exposer le plan d’opération de l’Initiative riz qu’il vient de mettre sur les rails et dont l’objectif est de produire un million de tonnes de riz marchand dès la prochaine campagne. Les représentants du monde rural, les acteurs de la société civile, les opérateurs économiques spécialisés en riz et intrants, les banques et institution de micro finance, les responsables des projets et programmes agricoles, les gouverneurs et autres autorités locales étaient venus nombreux pour écouter le Chef du Gouvernement et son équipe technique sur les enjeux de ce plan Marshall dont l’objectif est d’assurer la couverture des besoins alimentaires du pays en terme de riz. Au finish, ils ont tous partagé la volonté du gouvernement et exprimé leur engagement à jouer leur partition dans sa mise en œuvre et l’atteinte des objectifs visés.

L’Initiative riz est un ambitieux projet dont la portée sera mesurée à travers sa mise en œuvre. Cela ne peut se faire sans la contribution et la participation effective de tous les partenaires. En organisant cette grande messe, le Chef du gouvernement a voulu rendre à César ce qui est à César. Car l’Initiative ne sera que ce que les acteurs de la filière en feront.

Leur adhésion est plus que déterminante. En venant à leur rencontre, Modibo Sidibé s’est fait accompagner par plusieurs membres de son équipe, à l’image des ministres de l’Agriculture, des Finances, de l’Elevage et de la pêche, de l’Energie, des Mines et de l’Eau, de l’Emploi et de la formation professionnelle et du Développement social. Du côté des acteurs, les premiers responsables des organisations professionnelles, notamment du monde rural, étaient au rendez-vous, de même que ceux des institutions bancaires et des structures de micro finance.

Le Premier ministre, le ministre de l’Agriculture et le Directeur national de l’Agriculture ont fourni des explications sur l’Initiative et son Plan d’opération. Ensuite, le tour était aux partenaires de se prononcer et de faire part de leurs suggestions. Le président de l’APCAM, Bakari Togola, a salué l’initiative avant d’indiquer qu’il est temps qu’on sorte des visions théoriques pour des politiques plus pratiques.

Il a vivement souhaité l’implication des producteurs à tous les niveaux et la mise en place rapide du dispositif d’exécution car l’hivernage est déjà là. Même vision pour le Secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité et le président du CNOP qui a été plus clair en affirmant que sans subvention, notre agriculture ne peut se développer.

Les banques, à travers leur porte-parole, Babali Ba, ont promis de poursuivre la réflexion au cours de leur prochaine réunion avant de faire part de leur contribution au projet. Ousmane Traoré, au nom des institutions de micro finance, a renouvelé sa disponibilité pour financer la filière riz.

Le président du Réseau des opérateurs importateurs des intrants, Abdoulaye Samaké, a jugé insuffisant l’appui des banques aux adhérents de son Réseau. Néanmoins, il a assuré que les importateurs d’intrants sont prêts à jouer leur partition pour que les paysans puissent avoir les intrants à temps.

La Secrétaire exécutive de la CAFO, Oumou Touré, de même que Youssouf Ganaba de la CSTM, ont proposé à ce que le gouvernement fasse en sorte qu’il y ait moins d’intermédiaires dans la commercialisation du riz.

« Il faut ne pas être un Malien pour ne pas croire à ce projet  » renchérit le président de la CCIM, Jeamille Bittar. Pour lui, c’est une ambition à laquelle tous les Maliens doivent croire et soutenir. La question est de savoir qui peut faire quoi pour sa mise en œuvre ? Si les importateurs sont prêts à relever les défis, les transporteurs aussi sont dans la même dynamique, à donner la priorité au transport des intrants, a-t-il soutenu.

En tout cas, au vu de toutes les interventions, le Premier ministre a déjà fait sa religion quant à la capacité de réaction du peuple par rapport à une question d’une telle importance. Modibo Sidibé d’inviter les uns et les autres à jouer leurs partitions. Aussi, le financement promis par l’Etat soit plus de 10 milliards, sera mobilisé au niveau du budget sans déséquilibre et sans incidences sur les secteurs sociaux.

Et pour conclure, il a déclaré, haut et fort, que le gouvernement fera en sorte que le phosphate de Tilemsi soit une réalité car il conditionne la soutenabilité de notre agriculture.

Yousouf CAMARA

22 avril 2008.