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Ifeoma Ibeh, une mère de famille de Lagos, était en train de préparer son ra- goût de dîner, lorsqu’elle a remarqué que le piment, les oignons et les tomates avaient étrangement disparu. Un voisin s’était introduit chez elle pour lui dérober de la nourriture. « Je n’avais pas d’autre choix que de lui pardonner. Il m’a dit qu’il avait faim et plus rien à manger », racon- te Mme Ibeh à l’AFP, dans sa maison d’Oworonshoki, une banlieue est de la mégalopole économique nigériane. « Pour une casserole de ragoût, il faut compter 6.000 nairas environ (25 euros). Avant, c’était la moitié ». Comme les habitants d’Oworonshoki, la majorité des Nigérians souffrent d’une inflation galopante qui s’est envolée à 15,6% le mois dernier, un record, ces 6 dernières années. Et cela ne devrait pas s’améliorer avec la décision des autorités, la semaine dernière, de laisser flotter la monnaie après en avoir maintenu le cours artificiellement élevé pour tenter de garder des prix bas. Le secteur privé non plus n’est pas à l’abri de la crise. Amaechi Abaje, assis devant sa petite échoppe du marché d’Oke-Arin sur Lagos Island, se lamente. « Les clients ne peuvent plus payer. Les prix sont trop élevés », reconnaît-il. Un sac de riz de 50kg, qui coûtait il n’y a pas si longtemps 8.000 nairas, se vend désormais près du double à 15.000 nairas (66 euros). AFP