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Suite à une décision du président de l’Assemblée régionale de Koulikoro, le bac qui relie la Capitale du Méguétan à ses communes de la rive droite ne fait plus que trois rotations dans la journée (8 h, 12 h et 17 h). Cette nouvelle mesure provoque l’ire des Koulikorois et ressemble à une bombe à retardement.

Koulikoro est une région coincée entre une chaîne de montagnes et le fleuve Niger. En dehors de deux ou trois unités industrielles et de l’administration, il n’y a pas autres activités rémunératrices dans la ville. Les principales occupations de la population du Méguétan se mènent sur la rive droite qui sépare la ville de ses communes les plus prospères.

Puisqu’il n’y a pas de pont sur le fleuve, le bac, dont la gestion est confiée à l’Assemblée régionale, est le seul moyen de transport entre Koulikoro et ses communes de la rive droite. Mais, depuis quelques temps, sur décision du président de l’Assemblée régionale de Koulikoro, le bac ne circule que trois fois dans la journée (8 h, 12 h et 17 h). Selon un agent du bac, le président de l’Assemblée régionale a pris cette décision dans le but d’économiser le carburant.

Des ONG œuvrant sur la rive droite du fleuve et les résidents de la ville de Koulikoro qui font le va-et-vient sont frappés de plein fouet par cette mesure. Ils sont immobilisés la plupart du temps. D’où l’ire des Koulikorois qui pensent que la décision n’a aucun sens.

« Depuis deux heures, j’attends le bac. Auparavant, il circulait à tout moment de la journée. Cette décision du président de l’Assemblée est insensée. Le fait que le bac ne circule pas à tout moment bloque toutes nos activités. Ils disent vouloir économiser. Mais, cela n’est pas une preuve. On paye tous la traversée : 1000 F par moto et 2500 F par véhicule. Et Dieu seul sait combien de motos et de véhicules sont transportés par le bac sur un tour » , se plaint un résident bloqué avec ses poissons frais qu’il venait d’acheter pour les revendre à Koulikoro.


Injustice

Notre interlocuteur trouve la décision injuste. A ses dires, « le président de l’Assemblée régionale emprunte le bac quand il veut. En dehors de lui, personne d’autre n’est autorisé. Tout le monde est contrarié par la décision du président. Si ça continue, on va se révolter… », prévient-il.

Quid des autorités ?

La semaine dernière, la directrice régionale de la promotion de la femme et de l’enfant de Koulikoro, qui a présidé le lancement d’un projet à Kenekoun, un village situé sur la rive droite à une quarantaine de kilomètres, a été obligée d’écourter son séjour pour ne pas rater le bac à 12 h. « Je suis obligée de quitter pour ne pas rater le bac », s’est-elle excusée.

Les initiateurs du projet qui ne pouvaient pas quitter avant la fin de la journée ont été obligés d’attendre le bac de 17 h. Ce qui a fait que beaucoup d’entre eux n’ont pas pu honorer d’autres engagements à Bamako.

La plupart des Koulikorois pensent que le bac ne doit pas s’immobiliser dès lors qu’il y a des passagers. La décision du président de l’Assemblée régionale de Koulikoro paralyse aujourd’hui l’économie de la 2e région aux dires de nombreuses personnes.

Sidiki Doumbia

(envoyé spécial)

10 Février 2009