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Les faits remontent à deux semaines environ au Centre Culturel Islamique de Hamdalaye. L’imam de la Mosquée du même centre, Idrissa Diarra a été tabassé par un de ses créanciers à qui, il doit plusieurs millions de nos francs.

Où va désormais notre Islam ?

jpg_images-10.jpgLe Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) n’a jamais détourné l’argent d’autrui à plus fortiori celui d’un pauvre. Malheureusement, cette pratique est devenue monnaie courante dans les rangs de certains de nos dignitaires religieux. Ces responsables, si besoin en était encore de le rappeler, sont de moralité plus que jamais douteuse. L’Imam de la Mosquée du Centre Culturel Islamique, M. Idrissa Diarra fait partie de cette race de leaders religieux qu’il faut désormais chercher à éloigner de la Mosquée.


Rappel des faits

Depuis quelques années, nombreux sont nos fidèles musulmans qui accomplissent le cinquième pilier de l’Islam par le biais des agences privées de voyage. C’est dans ce cadre qu’en 2006, quatre d’entre eux dont la vieille K. S. de Niamakoro, le papa à Kané se confiaient à l’agence de voyage «Mondiale Voyage» de l’Imam Idiarra Diarra de la Mosquée du Centre Islamique d’Hamdallaye. Mal les a pris, car «Mondiale Voyage» n’existait que sur le papier.

Autrement dit, c’est une agence de voyage fictive. Après une première tentative échouée en 2007, Idrissa Diarra les avait rassurés sur l’accomplissement du rituel en 2008. Là encore, un problème d’Avion de dernière minute est venue anéantir les espoirs de ces aspirants pèlerins d’accomplir le Hadj. Mais le fond du problème c’était plutôt un manque de visas même si Diarra ne les a jamais dit la vérité sur ce point.

Surtout qu’on sait qu’après deux ans d’attente les Un million Sept Cent Mille (1. 700 000) francs de chacun d’entre eux avaient été absorbés par notre Imam. «Si vous voyez que cela m’est arrivé, c’est parce que je suis un non voyant» disait-il à un de ses créanciers.

Pourtant, on se rappelle encore de son interpellation à la Brigade pour les mêmes motifs il y a quelques années de cela quand il n’avait pas encore perdu la vue.

Comment sont-ils arrivés aux mains ?

Les faits se sont déroulés il y a deux semaines au Centre Islamique. Après la prière du vendredi, S.D, un des créanciers de l’Imam Diarra le rejoignait dans son bureau pour lui signifier désormais qu’il fait l’objet d’une plainte devant le Commissariat du 1èr Arrondissement et que le rendez-vous avec la police c’est à 10heurs.

«Tu es Diarra, moi je suis Diarra. Tu vas répondre au Commissariat pourquoi tu as bouffé mon argent» retentissait S.D. Agacé par l’attitude de son créancier, Idrissa Diarra fonça sur S.D en lançant des insultes à l’endroit de celui-ci. Une manière peut-être pour lui de laver l’affront qu’il venait de subir. Ainsi devant une foule de fidèles l’Imam Diarra et SD se battaient.

Il faut par ailleurs signaler que notre visite au Centre Islamique nous a fait comprendre qu’en plus des pèlerins déflatés, drainent derrière notre Imam, plusieurs autres dossiers de nos compatriotes qui voulaient aller faire fortune en Espagne (une vingtaine au total).

M. Diarra leur aurait pris de l’argent dans le dessein de les chercher des passeports pour l’Espagne. Et depuis, ils attendent toujours et le fameux dossier indispensable au voyage et leur argent dont ils réclament à cor et a cri le remboursement. Mais sur ce point, l’Imam les auraient fait savoir qu’il n’est pas seul.

Même s’il est le seul à prendre de l’argent. Aux dires de l’Imam Diarra, ce réseau aurait des ramifications au sommet de l’Etat. Fuite en avant ou réalité ? Dans tous les cas, il y a lieu de prendre des mesures draconiennes contre cette race de dignitaires religieux pour qu’enfin, notre Islam ne souffre plus de ces questions de moralité de ces premiers pratiquants.

Yaya SAMAKE

Le Progrès du15 Mai 2009