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Face à la presse, l’imam Chérif Ousmane Madani Haïdara déclare sur la situation au nord: «Si les négociations échouent, il faut imposer la paix par la force»

Pour étayer ses propos, Chérif Ousmane Madani Haïdara, rappelle une parole divine qui voudrait signifier qu’on « impose la paix par la force si les négociations échouent .»

Le prêcheur de confier que le Haut conseil islamique a rencontré le chef de l’État sur la crise du nord et la délégation lui a conseillé le dialogue, faute de quoi de préconiser ce que Dieu a dit en la matière.

jpg_haidara-4.jpgChérif Ousmane Madani Haïdara a d’abord tenu à préciser que nous n’en sommes pas encore à ce stade. « Ceux qui ont pris les armes et prétendent agir au nom d’une autodétermination sont avant tout nos frères. Nous avons tous en commun le Mali. De ce fait, nous devrons nous asseoir et discuter entre frères en vue d’un règlement pacifique. Il est extrêmement important de les écouter pour savoir ce qu’ils veulent. Quand deux parties en conflit se parlent, il y a de très forte chance qu’elles aboutissent à la paix« .

Sur le règlement politique du dossier tel qu’il l’a ainsi suggéré, les journalistes lui ont demandé s’il est prêt à s’y impliquer en tant que médiateur. Chérif Ousmane Haïdara a précisé que c’est ce que les responsables religieux de toutes confessions et les notabilités ont de tout temps prôné au Mali. « Notre vocation de prêcheur nous amène à pousser les personnes à changer leur comportement, à dompter l’instinct bestial qui dort dans chaque individu, à avoir la maitrise totale sur nos passions.

C’est à cela que sert notre métier de prêcheur. La paix et la cohésion est un sacerdoce pour tout homme doué d’un minimum de conscience et je ne vois pas de raison à que nous dérogeons à la règle en pareille situation » a-t-il dit.

Le règlement politique ayant de tout temps démontré toutes ces limites, il n’y a pas lieu de passer par la force militaire, ont constaté les hommes de média.

Chérif Ousmane Madani Haïdara a indiqué que la voie des armes ne doit être que le dernier recours. L’Etat ne doit pas se lasser de négocier. Une discussion débouche toujours sur un résultat si faible soit-il. Toutefois, précise Wilibaly « si l’ouverture d’un cadre de négociation n’apporte aucune avancée significative, l’Etat a l’entière obligation de protéger sa population et d’imposer la paix par la force« .

Sur l’élection présidentielle, le prêcheur a déclaré que la communauté n’a pas encore donné de consigne de vote. Il a en outre précisé que peut lui importe que le futur président du Mali soit un musulman, un chrétien ou un animiste. Le plus important, poursuit-il, est que celui qui aura les rênes du pouvoir, soit un patriote, quelqu’un qui a souci du pays et qui nourrit de nobles ambitions pour tous les Maliens.

S’agissant de l’organisation du Maouloud 2012, Chérif Ousmane Madani Haïdara a remercié les plus hautes autorités pour leur implication sincère dans la réussite de l’événement. Il a aussi tenu à rendre hommage aux forces de sécurité pour leur dévouement. Il a associé à ces hommages les responsables de l’Ançardine, Adama Diawara, Adama Kane, Sourakata Salamanta et Siaka Doumbia pour leur disponibilité.

Ajoutons que ce sont plus de 20 pays qui étaient représentés dans la capitale malienne pendant le Maouloud. Les organisateurs ont estimés les participants recensés à plus de 51 000 personnes.

L’association dit avoir dépensé plus de 25 millions de FCFA pour la bonne organisation de cette fête religieuse.

Abdoulaye DIARRA

L’Indépendant du 16 Février 2012