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En match aller des préliminaires de la ligue Africaine des champions, le Stade Malien de Bamako s’est incliné devant le Club Desportivo 1er Gosto d’Angola. En effet, les visiteurs sont venus assurer leur qualification devant une équipe stadiste qui a passé à coté du sujet. Le mauvais coaching de Cheick Diallo en est pour quelque chose.

Le football malien a pris une fois de plus un coup dur : notre représentant en ligue africaine des champions, le Stade Malien de Bamako, a été battu à domicile. Une défaite qui compromet ses chances de qualification dans deux semaines à Luanda. Pas parce que nous sommes pessimistes, ou que nous doutons de la valeur intrinsèque de l’équipe de Sotuba. Mais cette défaite inexplicable des Blancs, l’incapacité technique de Cheick Diallo pour secourir son équipe (à un moment ou le besoin se faisait sentir) et la qualité de jeu produit par les Angolais prouvent à suffisance que la mission des nôtres pour renverser la tendance au match retour s’annonce extrêmement difficile.

Et les nombreuses occasions ratées ne sauraient être un alibi pour dire que les Blancs ont manqué de chances. D’ailleurs, celles obtenues en première mi temps sont le fruit de la combativité et de l’engagement du jeune Burkinabé Moctar Oue-draogo, le meilleur de la rencontre. Malheureusement ses co-équipiers à l’image de Bako n’ont pas été solidaires avec lui.

Pourtant les minutes initiales ont suffi pour comprendre que les visiteurs ne se sont pas présentés en victime résignée, ou pour négocier un match nul. Avec un football fait de petites passes, ils ont joué sans complaisance devant une équipe stadiste à la recherche de ses repères. En première mi temps, son problème se situait à un seul niveau : le milieu. Ce compartiment manquait de dépositaire pour approvisionner l’attaque.

Aboubacar Tambadou qui pouvait distiller de bonnes balles se noyait souvent dans le système, Drissa Coulibaly dit Gombélè était décevant. Bref, en aucun moment, le milieu n’a pu être la courroie de transmission entre la défense et l’attaque. Quant à la défense, elle balançait de longues balles. Avec cette déconfiture, la seule alternative qui s’imposait était d’introduire le jeune Adama Touré à la place de Gombélè. Au moins les qualités de celui ci pouvaient lui permettre de distiller de bonnes balles.

Dommage que l’entraîneur Cheick Diallo ait manqué de vigilance pour stabiliser son milieu de terrain envahi par les Angolais plus entreprenants. On a vite compris que les longues balles n’arrangeaient pas les attaquants très courts de taille. Malgré tout, ceux-ci se sont battus comme de beaux diables et se sont créé quelques occasions : 10è et 12è minutes Moctar Ouedrago s’échap-pe et tire au dessus de la barre transversale ; 14è mn, Bako idéalement servi par Karim Sogoba tire également à coté ; 21è mn, une belle combinaison finit sur les pieds de Benogo Diaby, mais l’ivoirien manque de concentration.

La véritable occasion des Angolais a été l’oeuvre de Sinao Nasci-nento qui se joua de la défense stadiste pour écraser un tir puissant au ras du poteau. Le tournant de cette première mi-temps intervint à la 35è mn avec l’ouverture du score par Ichiacka Eliassou sur penalty. Sur le coup, Joao Artur retient Moctar Oue-draogo dans son mouvement de démarrage et l’arbitre Nigerian n’hésita pas à sanctionner la faute. La pause intervint sur ce léger avantage des Blancs.

A la reprise, les Angolais annoncèrent leur retour par l’égalisation à la 48è minute. José A de Oliveira emballa la défense stadiste et d’un tir anodin fait vibrer les filets. Le portier Raschid Compaoré n’est pas sans reproche, car le tir n’était pas du tout puissant pour passer au travers de ses mains. Ce sursaut d’orgueil a mis logiquement les Angolais en confiance, et ils tentèrent d’imposer leur style.

Heureusement que la rentrée de Lassana Diallo et le réveil de Aboubacar Tam-badou permirent aux Blancs de dominer totalement le match, sans pour autant parvenir à doubler la mise. Pourtant ils se sont créé une multitude d’occasions franches, mais les jeunots n’ont pas mis à profit cette ascendance pour plier le match. C’est dans cette situation d’espoir que les Blancs encaisseront un 2è but à la 74è mn.

L’opportunité d établir la parité se présenta cinq mn plus tard, lorsqu’une incompréhension entre deux défenseurs aboutit à une faute de main et M. Ojo Oba Adigun siffla un deuxième penalty pour le Stade. Seulement que cette fois, ci le gardien Tubi Landu bloqua le tir de Ichiacka Eliassou. Les carottes étaient suffisamment cuites pour le représentant malien qui encaissa un 3è but à la 89è mn. Heureusement que l’arbitre estima qu’il y avait une position hors jeu.

Ainsi le Stade Malien de Bamako s’inclina encore à domicile par le score de deux buts à un.

Ce faux pas des Blancs met à nu les faiblesses de nos clubs par rapport à la haute compétition. Car celle ci demande un certain nombre d’organisations et de moyens et surtout un effectif de qualité. Aujourd’hui, il ne sert à rien d’aligner les titres de champion et échouer dès les préliminaires.

Il est plus que jamais nécessaire pour les dirigeants de nos clubs, et plus particulièrement ceux du Stade Malien de Bamako de changer leur fusil d’épaule. Ceux ci doivent également savoir que le président Mahamadou Samaké dit Sam ne saurait tout faire seul quelle que soit sa volonté de réussir ou son amour pour le club. Un constat qui risque de déboucher sur un avenir sombre pour l’équipe de Sotuba après le départ de Sam Dièma.

O. Roger Sissoko

19 Février 2008.