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C’est cela l’irrédentisme : la quête d’une entité basée sur l’ethnie, la tribu, la race, la langue, la religion. Leurs fils et petits-fils, les Iyad, Fagaga, Bahanga et que sais-je encore, ne demandent pas autre chose, ne se battent par pour autre chose : ils veulent une République de l’Azawad, qui rassemblerait toutes les tribus touareg, du nord de la Mauritanie aux confins tchadiens, en passant par le Mali – Kidal en serait la capitale – et le Niger.

C’est pour cela qu’ils ne souffrent pas de voir l’armée malienne dans la région de Kidal car, outre qu’elle est le symbole le plus visible, le plus frappant de l’Etat dans cette partie du pays, elle et elle seule peut empêcher le projet de création du Grand Azawad.

Profitant du chaos qui s’était installé à Bamako à la suite de l’effondrement de la dictature militaro civile, ils ont pu inscrire dans le Pacte national, signé en 1992, le retrait de l’armée malienne des régions septentrionales (Gao, Tombouctou, Kidal) et son remplacement par des unités spéciales composées des seuls ressortissants de ces régions. Comme si le rapport des forces n’avait pas changé en 14 ans, c’est la même disposition anti-nationale et anti-constitutionnelle qui a été reconduite dans les fameux « Accords d’Alger » cette fois-ci au profit de la seule région de Kidal.

Les Iyad, Fagaga, Bahanga et consorts veulent une armée exclusivement kidaloise pour transformer la région de Kidal en une République bien à eux. Mais ils oublient que Kidal appartenait au Mali avant que leurs ancêtres ne quittent l’Algérie pour venir s’y installer. C’est comme l’étranger de passage qui ligote son hôte pour s’approprier ses biens, ainsi que l’évoque le vieux lion Bazoumana Sissoko dans l’une de ses chansons.

A la différence des Touareg de Gao – qui sont les plus nombreux – et de Tombouctou – réputés pour leur pacifisme-, ceux de Kidal ont cette particularité de se sentir très peu Maliens, de ne pas partager les mêmes valeurs sociétales que les autres composantes de la communauté nationale. D’où cette propension à se détacher des autres en recourant, non pas au dialogue, qui est une valeur cardinale dans la société malienne, mais à la violence meurtrière.

Il est donc vain de croire que c’est avec des « accords  » comme ceux dits d’Alger ou des discours démagogiques débités par des politiciens en mal de places qu’on va circonscrire, encore moins enrayer l’irrédentisme kidalois.

Celui-ci ira jusqu’au bout, c’est-à-dire la proclamation de la République indépendante de l’Azawad ayant pour capitale Kidal, à moins que les dirigeants maliens ne se réveillent de leur rêve pour donner au Mali les moyens militaires de sauvegarder son intégrité territoriale.

El Hadj Saouti Labass HAIDARA

25 août 2006.