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Samedi 6 juillet à zéro heure. La levée de l’état d’urgence instauré après le déclenchement de la salutaire Opération Serval, le 11 janvier 2013, s’est accompagnée de l’ouverture de la campagne officielle pour l’élection présidentielle prévue le 28 juillet prochain. Sans perdre de temps plusieurs candidats, de gros calibre comme d’envergure moyenne, sont entrés en lice dès hier dimanche. Soumaïla Cissé à Mopti, Dramane Dembélé et Housseyni Amion Guindo à Sikasso, IBK et Cheikh Modibo Diarra à Bamako, Modibo Sidibé et le colonel Cheikh Kéïta à Kayes. A en juger d’après les premières images retransmises par une chaine de télévision locale et les informations communiquées par les reporters qui ont fait le déplacement sur le terrain, les différentes cérémonies de lancement ont attiré la foule des grands jours et l’allégresse était au rendez-vous.

Il faut espérer qu’il en soit ainsi partout dans le pays durant les trois semaines que durera la campagne. Et que le scrutin lui-même se déroule dans la paix, la sérénité, l’unité retrouvée, la cohésion nationale. Les Maliens ont souvent rêvé faire de certaines élections par le passé des » fêtes électorales « même si elles se sont avérées au final des cauchemars électoraux eu égard à la mauvaise organisation qui les a caractérisées. Cas de 1997 où l’engouement de nos concitoyens à choisir leur président – pour la deuxième fois depuis l’avènement du vote pluraliste – a frisé le délire. Avec, hélas, pour conséquence une crise postélectorale aigue qui a négativement impacté l’économie du pays et brouillé son image extérieure.

Le scrutin attendu le 28 juillet est organisé au pas de charge : il urge de sortir le Mali de l’état d’exception qui prévaut depuis seize mois et de rétablir la démocratie et l’Etat de droit qui, seuls, peuvent le rendre de nouveau fréquentable dans le concert des nations. Le retour à la légalité constitutionnelle est indispensable à la poursuite de l’action salvatrice de la France, des autres puissances amies, des institutions financières internationales pour asseoir une paix durable au Mali et ouvrir les chantiers de sa reconstruction.

Ce sont là les enjeux de ce scrutin et l’on comprend, dès lors, que les faiblesses réelles relevées dans sa préparation ne puissent être érigées en écueils infranchissables. Comme en 1997 et après, des électeurs ne retrouveront pas leurs noms sur les listes électorales, des citoyens désireux de voter ne pourront pas retirer leur carte NINA parce que ne pouvant sacrifier trois heures dans leur journée pour faire la queue dans un centre de distribution. Il s’y ajoute que nombre de nos compatriotes, confrontés à des problèmes de survie, ou n’espérant rien de cette élection en terme de changement de leur ordinaire, s’abstiendront d’aller déposer leur bulletin dans l’urne.

Tous ces facteurs prévisibles ne doivent, en aucun cas, servir d’argument, encore moins de prétexte, pour jeter le désordre dans cette consultation capitale pour le devenir de notre pays.

Saouti Labass HAIDARA

8 Juillet 2013.