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Hugo Chavez est un homme adulé de son peuple. Il s’est donné pour seule ambition de le servir et, dans l’accomplissement de ce sacerdoce, le pétrole vénézuélien lui est d’un inestimable concours. Il lui a permis de répondre aux besoins pressants de sa population la plus défavorisée et c’est en reconnaissance de cela que ses compatriotes viennent massivement de lui offrir le plus beau cadeau de son existence : la possibilité de se faire réélire à la tête de l’Etat, autant de fois qu’il en aura la capacité.

Certes, pas plus que le Mali n’est le Vénézuéla, ATT n’est Chavez. Cependant, l’anti-impérialisme américain virulent en moins, les deux hommes partagent beaucoup d’affinités, notamment cet amour profond pour leur pays et un quasi acharnement à le bâtir. Force est de le constater : même sans pétrole comme Chavez, ATT fait de son mieux, avec les moyens et les atouts dont il dispose.

Tout le monde en convient : le Mali est devenu un gigantesque chantier avec les routes, les ponts, les aménagements agricoles, les aéroports, les infrastructures sanitaires et éducatives qui se mettent en place un peu partout.

Sans compter la promesse de la découverte du pétrole qui n’a jamais été si près de se matérialiser. C’est cet élan insufflé à l’économie nationale, cette confiance créée chez les Maliens que leur pays n’est pas si désespérant qu’on le leur a fait croire trop longtemps qui font que, de plus en plus, le déverrouillage constitutionnel pour permettre à ATT de briguer un troisième mandat (pourquoi pas davantage s’il garde la préférence des électeurs ?) a cessé d’être un sujet tabou pour être porté sur la place publique.

Il fait l’objet d’articles, il est vrai vigoureusement contestés dans les colonnes des journaux, on en parle sur les ondes des radios privées, on en discute dans les cercles politiques, au sein des associations de jeunesse. Certains disent déjà : «ATT et personne d’autre».

Le principal concerné osera t-il franchir le Rubicon ? Certains, dans son entourage ou qui prétendent être dans le secret des dieux, susurrent que cette question occupe la majeure partie de son activité cérébrale et qu’à la manière de l’arraignée, il tisse patiemment, silencieusement, méthodiquement sa toile pour ne laisser nulle chance à sa proie, le moment venu.

Le plus gros, voire l’unique obstacle à lever est d’évidence l’hostilité bien compréhensible des grandes formations politiques (ADEMA/PASJ, URD, RPM etc). C’est de leurs rangs que sortirait le futur président de la République si ATT n’était pas candidat à sa propre succession en 2012.

Mais comme on le dit, les voies de la politique, comme celles de Dieu, sont insondables.

Saouti Labass HAIDARA

18 Février 2009