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Le 31 octobre 2012, il avait publié une lettre ouverte adressée au Président de la République chez notre confrère l’Indépendant dans laquelle il demandait à l’armée malienne d’engager le combat avec les moyens disponibles et attaquer l’ennemi sans délai et sans attendre les soldats de la CEDEAO. Et, il avait entamé une grève de la faim.

Le Lieutenant Colonel Seydou Moussa Diallo a été arrêté le 12 novembre 2012, aux environs de 19 heures, à son domicile à Sébéninkoro par des militaires de l’armée malienne et mis aux arrêts de forteresse au Camp militaire de Kayes.

« Ce n’est pas un enlèvement. Ce n’est pas non plus une interpellation. C’est une punition militaire qui lui a été appliquée », nous a indiqué une source militaire bien introduite. Selon lui, depuis la publication de la lettre ouverte adressée au Président de la république, le Lieutenant Colonel Seydou Moussa Diallo avait écopé d’une première sanction. Il avait été mis en arrêt simple.

Au titre de cette sanction militaire, il devait rester chez lui pendant 30 jours et ne plus commettre la faute pour laquelle il a été sanctionné. « Mais, en lieu et place du silence que lui exigeait l’arrêt simple, le Lieutenant Colonel a continué à parler dans la presse et cela a été perçu comme une défiance à l’autorité militaire qui a décidé de lui appliquer directement la sanction de l’arrêt de forteresse, sans passer par l’arrêt de rigueur », a-t-il expliqué. Mais, tout porte à croire que le Lieutenant Colonel Seydou Moussa Diallo qui a entamé une grève de la faim depuis le 29 octobre 2012 devenait très gênant.

L’on peut même penser que cette gène lui a valu l’application de cette sanction disciplinaire suprême qui permet à l’autorité militaire de le faire déplacer de sa garnison à une autre à l’intérieur du pays, notamment à Kayes. Comme pour dire, loin de Bamako, s’il tient à faire sa grève de la faim, il pourra la faire sans attirer trop de regards et d’attention.

Assane Koné

Le Républicain du 14 Novembre 2012