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Un drapeau égyptien en guise de voile sur la tête, de nombreuses Egyptiennes ont dansé au milieu des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues du Caire pour fêter dans la liesse la victoire des Pharaons en finale de la CAN-2008 face au Cameroun 1 à 0.

Le coup de sifflet final a été accueilli par des hurlements de joie, des pétards et parfois des larmes de soulagement place Mustapha Mahmoud, au Caire, où s’était rassemblée une foule rouge, noire et blanche, aux couleurs du drapeau égyptien.

« Enfin, quelque chose de joyeux et d’heureux nous arrive!« , s’écrie Mohammed Said, l’un des milliers d’Egyptiens venus regarder le match sur écran géant, vêtu du drapeau national au lieu de la robe traditionnelle égyptienne, la galabeya.

« Parce qu’à cause du gouvernement que nous avons, tout est triste: les prix, les accidents de ferries et de trains. Cette victoire, c’est la seule chose qui nous donne du bonheur« , poursuit-il.

Mais ce soir, oubliés les griefs. Même les policiers faisant partie de l’imposant dispositif sécuritaire sur la grande place ont dansé et enlacé leurs compatriotes, en scandant le nom de Mohammed Abou Treika, auteur de l’unique but de la rencontre.

Des portraits de ce dernier ainsi que de Essam al-Hadary, le gardien de but surnommé « Le Mur » en Egypte et qui a une nouvelle fois fait sensation dimanche, sont brandis par les supporteurs jeunes et vieux, hommes comme femmes.

« Nous sommes les meilleurs »

Des groupes d’adolescents se sont formés sur les principaux axes du Caire, arrêtant pendant quelques minutes la circulation pour partager bruyamment leur joie.

Des cortèges de voitures ont sillonné les rues de la capitale en klaxonnant, avec parfois des jeunes gens juchés sur leur toit et agitant le drapeau national.

« C’est le délire! Nous sommes les meilleurs! », hurle Sarah, une jeune Cairote qui, en guise de voile, a superposé sur sa tête trois foulards aux couleurs du drapeau égyptien.

Quelques supporteurs ont profité de l’occasion pour lancer des piques au gouvernement, en chantant des blagues sur le Premier ministre Ahmad Nazif, dont le nom signifie « propre » en arabe: « Nazif, apprends à jouer proprement! ».

Le chef de l’Etat égyptien, Hosni Moubarak, a envoyé un message de félicitations à l’équipe, selon l’agence de presse officielle Mena. Quant à M. Nazif, il a félicité M. Moubarak.

Unité

« C’est l’une de ce rares occasions où il n’y a plus de musulmans ou de Coptes, où nous sommes seulement égyptiens« , affirme à l’AFP Adel Zaki, un Copte (chrétien d’Egypte).

« Nous nous sentons unis, c’est la seule chose que nous célébrons ensemble« , poursuit-il.

Alors que les embouteillages enflaient, des ambulances à l’arrêt faisaient retentir leur sirène en signe de victoire.

La mégalopole de 18 millions d’habitants s’était préparée toute la journée à cette victoire attendue. Et les drapeaux qui se vendaient 10 livres égyptiennes (près de deux dollars) le matin étaient à 30 livres le soir.

« Abou Treika, tu es le meilleur! Tu as fait parler les filets!« , scandaient certains, rejoignant dans leur lyrisme l’éloquence enflammée du commentateur du match en arabe, qui était allé jusqu’à implorer l’aide du ballon pour assurer la victoire à l’Egypte.

« O ballon, ballon, ne nous trahis pas! L’Egypte mérite cette victoire à 100%. De la Tunisie à l’Arabie saoudite, sans oublier Abou Dhabi et Bahreïn, nous souhaitons tous la victoire de l’Egypte« , avait-il lancé.

Lorsque le réseau de téléphonie mobile, saturé un moment, est revenu à la normale, beaucoup d’Egyptiens dans la foule ont reçu des messages de félicitations venus de tout le monde arabe, y compris de la bande de Gaza.

Dans ce petit territoire enclavé, à Rafah (la ville-frontière) ou à Gaza, des centaines de Palestiniens sont sortis dans les rues et les cafés pour fêter la victoire de leur voisin égyptien.

AFP

11 Février 2008.