Partager

Les responsables de Team Call Center (un des centres d’appel sous-traité par Orange-Mali) ont licencié le mercredi 20 juin les 194 travailleurs du service « 400 ». Motif invoqué : débrayage. Après avoir pris connaissance de la décision, les grévistes ont immédiatement tenu une assemblée générale au cours de laquelle ils ont désapprouvé la décision prise par l’inspection du travail. Selon les grévistes, le licenciement ne saurait être la solution à la crise.

Mercredi, les deux parties ont été entendues par l’inspectrice du travail elle-même. Après l’audition des uns et des autres, il a été clairement signifié aux responsables de Team Call Center que le licenciement n’a pas été fait conformément aux textes et qu’il y a eu vice de procédure.

Par rapport aux contrats que Team Call Center a fait signer par ses travailleurs, l’inspectrice du travail, selon un porte-parole des grévistes, a déclaré que les contrats aussi n’ont pas été faits dans les règles de l’art, c’est-à-dire qu’il y a eu vice de procédure et de forme dans l’établissement leur établissement. Conséquence : les 194 agents sont sous contrat à durée indéterminée.

Affiliés à la CSTM, les 194 agents ont immédiatement saisi le secrétaire général Hamadoun Amion Guindo pour information. Ce matin une rencontre est prévue entre eux et M. Guindo.

La grève illimitée déclenchée le vendredi 15 juin 2007 par les travailleurs de Team Call Center en solidarité avec les 50 agents licenciés abusivement suit son cours. Le mardi 19 juin, le ton est monté d’un cran entre les grévistes, qui avaient monté un piquet de grève devant leur service et leur directeur général, Ousseynou Sow, qui leur intimait l’ordre de vider les lieux sous peine d’alerter la police.

La montée d’adrénaline était consécutive à la tentative de la direction de diviser les grévistes. Selon Ibrahim Diarra, un des responsables des grévistes, Ousseynou Sow, qui ne veut pas sentir la presse dans cette affaire, a pris la décision de faire venir d’autres agents d’appel à la place des grévistes qu’il considère comme des travailleurs en abandon de poste.

Aux dires de M. Diarra, les cinquante agents ont été licenciés sans raison apparente et sans préavis. Le comité de gestion de la crise, composé des cadres de Team Call Center et qui sont parties prenantes de la grève, rappellent que la grève est un droit en République du Mali et qu’ils ne se laisseront intimider par qui que ce soit. Ils se considèrent comme des travailleurs sous contrat à durée illimitée.

De l’avis d’un autre responsable du comité de gestion de la crise, le DG, a refusé de prendre même le préavis de grève qui lui a été adressé. Selon lui, le conseil d’administration est en train de faire la sourde oreille. Deux avocats ont été commis par les grévistes pour défendre leurs intérêts.

Les conditions posées par les agents pour la levée du mot d’ordre de grève sont : la démission du DG et d’une de ses collaboratrices directes ainsi que de deux chefs de plateau et la reprise sans condition des licenciés.

Amadou Sidibé et
Abdrahamane Dicko

21 juin 2007.