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A l’occasion des 35 ans du protocole sur la libre circulation des personnes signé le 29 mai 1979 par les quinze chefs d’Etat de la CEDEAO, l’Association malienne des expulsés, Loujna- Tounkaranké et l’Association des refoulés de l’Afrique centrale au Mali ont lancé, jeudi 29 mai à Bamako, la capitale malienne, la semaine de la mobilité régionale. Le thème de cette semaine est : «Tous ensemble pour une application effective du protocole sur la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO». La semaine qui prendra fin le 6 juin 2014 se déroulera au Mali, au Sénégal, au Niger et en Côte d’Ivoire à travers des campagnes de sensibilisation en direction des décideurs, des routiers, des élus.

L’objectif visé par les responsables de cette plateforme est d’abolir les entraves à la libre circulation dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’ici la fin de l’année 2014. Cette campagne CEDEAO de plaidoyer en faveur de la libre circulation est une initiative transfrontalière de mobilisation des personnes en faveur d’une meilleure fluidité des personnes et des biens en Afrique de l’Ouest.
Lassinè Coulibaly de la commission nationale de l’Intégration africaine note que trente-cinq ans dans la vie d’une organisation est beaucoup mais qu’il faut persévérer pour atteindre les objectifs fixés. Il a révélé que la CEDEAO a mis désormais le peuple au cœur de son développement. M. Coulibaly est conscient que les tracasseries sont des obstacles à la libre circulation des personnes et des biens. Il a aussi fait savoir que le Mali mettra bientôt en circulation le carnet de voyage pour ceux qui voyagent par route.

Le responsable du département juridique de l’Association malienne des expulsés (AME), Mamadou Konaté, dira qu’ils ont décidé à travers cette semaine de toucher les décideurs et les élus pour qu’ils jouent leur partition dans l’application du protocole sur la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO. Avant de rappeler que le protocole porte sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement.
Aux dires de M. Konaté, plusieurs protocoles additionnels ont été signés pour accélérer la dynamique d’intégration économique et de libre circulation. Il reconnaît, malgré l’adoption des textes, des entraves à cette liberté de circulation et d’installation. Le responsable du département juridique de l’AME cite entre autres entraves : l’expulsion des ressortissants des Etats membres, la lenteur dans l’application des textes, les rackets et tracasseries dur les routes.

Malgré ces difficultés, M. Konaté pense qu’il y a eu des acquis. Notamment, la suppression de visa entre les pays membres de l’espace CEDEAO, instauration d’un passeport CEDEAO, reconnaissance du droit d’entrer, du droit de séjour et du droit d’établissement. Enfin, il recommande la révision du protocole et la réduction des barrières sur les axes routiers.
Pour sa part, le président de l’Association des refoulés de l’Afrique centrale au Mali (ARACEM), Komokodjan Seydou Niambélé, invite les autorités à vulgariser les textes dans les langues nationales, à réduire le nombre des postes de contrôle routier. Et pour une meilleure application, il appelle les gouvernements au respect des textes de la communauté.
Il ajoute que son association se bat pour l’amélioration des conditions des migrants de l’Afrique centrale en transit au Mali à travers l’hébergement, la santé, l’établissement des papiers et la dénonciation des violences.
Y.S

Le 2 Juin 2014