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L’ONU a exprimé dimanche son inquiétude à propos de la Somalie, où un projet de loi sur les médias obligerait les journalistes à révéler leurs sources, quelques jours après un rapport d’experts dénonçant la corruption dans le pays. Ce texte, qui pourrait entrer en vigueur d’ici deux mois, est « vague » et « peut facilement être utilisé pour restreindre la liberté d’expression », dénonce le porte-parole du Haut commissariat, Rupert Colville. Le président somalien est arrivé au pouvoir en septembre, fort du soutien de l’ONU et de la communauté internationale après huit ans d’un régime de transition chaotique. Il n’a qu’un autorité limitée sur le pays, les forces gouvernementales et de l’Union africaine affrontant toujours des insurgés islamistes shebab en perte de vitesse mais qui restent une menace au rétablissement de la paix dans une Somalie ravagée par plus de deux décennies de combats. La corruption reste également un mal endémique dans le pays, selon un groupe d’experts de l’ONU qui dans un rapport a dénoncé les « irrégularités » dans la gestion de la banque centrale.Si le ministre des Finances Mohamoud Hassan Suleiman « fait tous les efforts pour diminuer l’ampleur » de cette utilisation des fonds publics, celle-ci est « si répandue qu’elle est incontrôlable sans une restructuration profonde du système », affirment les auteurs du rapport. Les experts pointent notamment la responsabilité du gouverneur de la banque centrale, Abdusalam Omer, qui dispose d’un passeport américain et est présenté comme un « personnage-clé de ces irrégularités ». AFP.