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Partir du foyer pour être heureux et libre, c’est que d’où l’on vient, on se sentait à l’étroit dans son corps et dans son esprit. On y menait une vie de prisonnier dont les faits et gestes sont surveillés et dictés. Dans ce cas, c’est clair que la vie conjugale est décevante, contraignante et insupportable. Alors, on part du foyer pour plus de liberté. Nul ne peut dire le contraire car le mariage dans ce cas a perdu sa noblesse et son sens. Une autre question est de savoir: partir ou faire partir offre-t-il plus de liberté?

jpg_v3.jpgLa vie après le divorce pourrait être plus asservissante que celle d’avant. Sur le plan de la respectabilité de la personne, il y aura un manque à gagner. Le titre de divorcé (e) pour un homme ou une femme n’est pas flatteur dans un contexte pudique. Les dires et les regards des autres et même leur comportement gêneront l’intéressé. Et cela pour la simple raison que le ou la divorcé est vu (e) comme une personne légère pas du tout conséquente avec elle-même.

Ce sont des préjugés certes, mais cela comporte des préjudices. On sait également en ce qui concerne la femme surtout, que hors du foyer, elle peut devenir l’objet de bien de sollicitations indécentes tout simplement par ce qu’on sait qu’elle est libre dans le sens qu’elle est un cœur (une femme) non à prendre, mais à exploiter.

Un homme divorcé parlait de son expérience qu’une jeune fille de 18 ans lui a dit sans la moindre retenue qu’elle voulait passer la nuit chez lui parce qu’elle savait que ce dernier est libre depuis un certain temps.

jpg_v4-2.jpgUne femme divorcée, parlant de son cas disait qu’un jeune homme collègue qui «n’atteint pas sa cheville» a osé lui proposer une partie de plaisir avec elle. Cette dernière s’est sentie humiliée et a conclu en ces termes : «Est-ce que ce dernier allait oser s’approcher de moi s’il savait que mon mari était un ministre ?»

Comme on le voit, le divorce a donné peut-être une sorte de liberté mais très difficile à gérer. C’est comme si pour ne pas se mouiller, on évitait la rosée pour se retrouver au fond d’un puits, complètement tremper. Il ne faut pas rechercher la liberté en tant que telle, mais cette liberté qui honore, qui protège, qui rend heureux qui libère réellement. Où se trouve-t-elle ? Hors du foyer ou au sein de celui-ci ?

Nous ne croyons pas à l’existence d’une liberté totale, tout au contraire, chaque liberté à ses contraintes pour ne pas dire ses entraves. Nous ne discutons pas ici sur les causes ou même les raisons qui ont conduit des hommes et des femmes au divorce.

jpg_C.jpgNous retenons seulement que plusieurs d’entre eux avancent comme arguments la recherche de plus de liberté et de bonheur. Cela est de leur droit, mais ici il est posé la question de savoir si les moyens (le divorce) conduisent vraiment vers la fin (la liberté et le bonheur) pour être justifiés !

Nous nous sommes laissés convaincre que la liberté et le bonheur s’acquièrent au prix d’immenses sacrifices, et qu’ils peuvent être obtenus au sein du couple et c’est-là d’ailleurs qu’ils se trouvent. La rupture d’un lien ne procure pas nécessairement un espace de liberté. Une relation sciée ne confère pas des ailes pour voler comme un avion. Une liberté n’en vaut pas la peine.

Gnimadi destin

Le Républicain du 07 Janvier 2009