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Les autorités vont-elles céder au chantage et au marchandage ? C’est la question qui se trouve maintenant sur toutes les lèvres après le communiqué laconique diffusé par le ministère de la Défense et des Anciens combattants suite au kidnapping par des « bandits armés » de membres des forces armées .

Le ministère de la Défense et des Anciens combatants a anoncé lundi soir, que des « dispositions sont en cours pour permettre une libération saine et sauve de nos vaillants soldats pris en otage par les supposés hommes rebelles d’Ibrahim Bahanga ».

De son côté, le porte-parole de l’Alliance démocratique du 23-Mai pour le changement, Ahmada Ag Bibi, reafirmait l’attachement de ce mouvement à l’Accord d’Alger. Des propos qui rassurent certes, mais qui suscitent beaucoup d’intérrogations.

Sans prétention de revéler un secret de défense, il est à croire que nos vaillants soldats, qui acccompagnaient l’équipe de lutte contre le criquet pèlerin, ont été victimes de leur sous-équipement mais aussi d’une certaine naïvété de l’Etat.

Mais les otages étant entre les mains de leurs ravisseurs, il reste maintenant à obtenir leur libération. Et si l’on s’en tient aux termes du communiqué du ministère, il reste sous-entendu que les autorités n’épargnent ni l’utilisation de la force, ni d’éventuelles négociations qui bien sûr se dérouleront certainement sur fond de chantage et de marchandage.

A priori, la première hypothèse c’est-à-dire, l’utilisation d’une quelconque force, paraît hors de question. En effet, le président de la République Amadou Toumani Touré s’est toujours dit opposé à l’utilisation de la force.

Reste donc l’hypothèse de la négociation. Bahanga et ses ouailles qui apparaissent en position de force (rien n’est trop pour sauver une vie humaine) ne manqueront point de surenchères. Et ce sera à la douleur du contribuable malien, à moins qu’une médiation étrangère ne vienne à convaincre Bahanga et ses hommes car il est illusoire de penser que ces derniers ont mené l’opération rien que pour amuser la galerie.

Denis Koné

29 août 2007.