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Nombreux sont les Maliens, en particulier les parents des ex-prisonniers à avoir poussé un ouf de soulagement en apprenant mardi soir la libération de tous les prisonniers de guerre du conflit qui touche le Nord du Mali. Ils sont nombreux sinon ce sont tous les Maliens qui espèrent voir en ce geste le calumet de la paix allumé puis fumé jusqu’au mégot par les protagonistes du conflit.

L’accord, intervenu entre le gouvernement et la rébellion touarègue sous les auspices de la Libye, est incontestablement un bon signe d’abord pour la relance des négociations entre le gouvernement et la rébellion puis d’un retour définitif de la paix dans le Septentrion malien.

Mais, il est surtout le signe d’une détente des relations entre le Mali et la Libye et la volonté clairement affichée par ce pays à aider le Mali à trouver une solution à sa crise. En effet, la Jamahiriya était soupçonnée à tort ou à raison d’attiser la tension, voire de soutenir les rebelles. A preuve, affirment des sources, les responsables touarègues bénéficient de l’indulgence de Tripoli où ils trouvent cachette.

L’ouverture d’un consulat à Kidal avait fini par convaincre les uns et les autres sur les accusations qu’ils portaient sur la Libye. Pour rester au-dessus de tout soupçon, la Libye avait invité la presse malienne à Tripoli où des responsables de médias avaient rencontré le n°2 mais les commentaires rapportés par les « envoyés spéciaux » n’ont pas suffi à rassurer l’opinion et Tripoli dû fermer son consulat.

Ces libérations de part et d’autre sont incontestablement une victoire de la diplomatie libyenne dans le conflit entre du Nord malien bien que l’on ignore encore leurs conditions. Les rebelles avaient posé comme condition majeure, l’allègement du dispositif militaire dans la région de Kidal pour la cessation des hostilités.

On ignore si le gouvernement malien a accédé ou non à cette exigence d’Ibrahim Ag Bahanga. Il faut néanmoins remarquer que de mauvaises langues soutiennent plutôt « un échange de prisonniers », qui intervient dans un contexte particulier où Bamako a changé de langage et de méthode de gestion du conflit.

Denis Koné

11 septembre 2008