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La libération de deux rebelles faits prisonniers par l’armée malienne, le démantèlement du dispositif militaire dans la zone de Tinzaouatène, la révision de l’accord d’Alger, voilà certaines conditions déclarées par le porte parole des rebelles Hama Ag Sid Ahmed pour la libération des otages militaires maliens, il ya quelques mois à Alger. Certes, les otages ont été libérés mais l’Etat est resté muet sur les contours réels de cette libération. Quelles sont les concessions accordées par l’Etat malien ? Existe t-il d’autres points d’accord secrets ?

Les rebelles avaient été clairs en fin décembre dernier : si l’ État malien voulait que les 22 otages soient libérés, il devrait se résoudre à revoir sa position. C’était la condition posée par la troupe d’Ibrahim Ag Bahanga. Il s’agit, entre autres, de la libération de deux rebelles retenus par le Mali, du démantèlement du dispositif militaire dans la zone de Tinzaouatène et de l’engagement des dirigeants maliens à réviser le contenu de l’accord d’Alger.

Nous ne savons pas si l’Etat a accepté ces exigences. Mais en dehors de l’appui de Mouammar Kadhafi dont la nature reste un mystère, la libération des otages pourrait être due à la satisfaction de certaines exigences des rebelles.

Même si le dispositif militaire n’est pas encore démantelé au nord, les soldats de l’armée ont commencé à se replier sur la ville de Kidal. On se souvient qu’un camion de l’armée malienne a fait sauter une mine anti personnel dans la journée du dimanche 17 février 2008. Selon nos sources, ledit camion faisait partie d’un convoi militaire quittant la localité de Tinzaouatène pour la ville de Kidal. Mais les informations divergeaient quant au bilan de l’accident. Tandis qu’une source faisait savoir qu’il y a eu trois morts et six blessés graves, une autre a rapporté qu’il n’y a eu aucune victime en vie humaine.

Quant aux autorités militaires, elles n’ont pas confirmé l’information. Le colonel Abdoulaye Coulibaly, directeur de la DIRPA (Direction des relations publiques des armées), a affirmé qu’au moment où nous le contactions qu’il n’avait reçu aucune information se rapportant à l’incident.

Une autre exigence des rebelles qui a trouvé un écho favorable est la libération de leurs deux camarades que les militaires maliens détenaient. Ces mesures prises par l’État malien ont certes contribué à la décrispation de la crise.

Enlevés depuis août 2007, les 22 derniers détenus parmi la cinquantaine d’otages maliens, entre militaires et civils, aux mains de l’ex-rébellion dirigée par Ibrahim Ag Bahanga, basée au nord du Mali, ont été libérés dans la nuit de vendredi à samedi.

Un responsable a en effet déclaré que «tous les otages qui restaient entre les mains de Ibrahim Ag Bahanga ont été libérés dans la nuit de vendredi à samedi». L’information a été confirmée par la présidence de la République du Mali à travers un communiqué. De son côté, Ahmada Ag Bibi, l’ex-rebelle et actuel député de la région de Kidal, a précisé : «Oui, c’est vrai, les efforts ont abouti. Tous les 22 otages qui restaient entre les mains de Ibrahim Ag Bahanga ont été libérés».

Sur les conditions de la libération de ce dernier groupe d’otages, aucune source officielle ne s’est prononcée. Cependant, une source proche de l’armée malienne a indiqué que «le rôle de la Libye a été très déterminant dans la libération des 22 otages», sans avancer la moindre précision sur la médiation de Tripoli dans cette libération, qui survient après celle jouée par l’Algérie et qui a abouti à la libération en décembre 2007 et janvier 2008 d’un total de 14 otages.

Concernant l’état de santé des otages, une source de l’armée malienne a ajouté que «les otages se portent bien, mais certains sont très fatigués», à en croire Le Quotidien d’Oran, un journal algérien. Enfin, ce même journal a signalé que plusieurs sources officielles diplomatiques et au sein même de l’ex-rébellion malienne ont révélé que les otages étaient gardés à Tinzaouatène, une localité située dans la zone désertique et montagneuse de l’Adrar des Iforas, à plus de 2 000 km de Bamako, connue pour être difficilement accessible.

Soumaila T. Diarra.

11 Mars 2008.