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Le triste épisode de l’affaire des otages qui durait depuis bientôt 8 mois et qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive a connu son épilogue avec la libération des 22 derniers soldats.

Trois jours après l’annonce de cette nouvelle par un communiqué de la présidence de la République (voir L’Essor d’hier), le président de la République, Amadou Toumani Touré, s’est rendu hier à Gao pour accueillir les ex-otages et remercier par la même occasion tous ceux qui ont concouru à leur libération, particulièrement la Libye dont une délégation était présente dans la Cité des Askia.

Ce dénouement heureux est le fruit des efforts du chef de l’État, du Guide de la Jamahiriya Arabe libyenne, Mouamar Kadhafi, et de bien d’autres personnes de bonne volonté.

Il était environ 11 heures hier quand l’avion transportant le président de la République et sa délégation s’est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport de Gao. Le chef de l’État sera accueilli à sa descente d’avion par les autorités administratives et militaires de la septième région administrative.

Après l’exécution de l’hymne national, Amadou Toumani Touré a passé en revue un détachement des forces de sécurité stationnées dans la garnison de Gao.
Puis, il est allé serrer la main d’un premier groupe de 7 otages arrivés plus tôt de Kidal.

Dans l’attente de la venue des 15 autres en provenance de Libye, le président de la République a inspecté le piquet des forces d’intervention rapide, le dispositif de défense du Camp I, la Poudrière n°1, le garage central, le hangar des BRDM-2 et le poste de commandement opérationnel « Djiguitougou« .

À 12h 10, l’aéronef BAC 11 affrété par le gouvernement libyen s’immobilise à son tour sur la piste de l’aéroport.
À son bord avaient pris place les 15 autres otages. L’officier adjoint de la patrouille de Tinzawatène et porte-parole des otages, le capitaine Bréhima Sidibé a chaleureusement remercié la Fondation Kadhafi pour son implication dans le dénouement de la crise des otages.

« À part Malamine Camara de 1ère classe qui a souffert des conditions de détention dans les collines, tous les autres sont sains et saufs. Quand on nous a enlevés à Tinza, ils nous ont d’abord amené dans le collines de Tamget au Niger où on a passés 4 mois. C’est de là que les otages ont été dispatchés entre diverses collines. Certains ont été reconduits dans notre pays. Ce qui est sûr, c’est que nous n’avons subi aucun sévice« .

otages.jpgDe retour à Bamako en fin d’après-midi, le président de la République a animé une conférence de presse dans les salons d’honneur de l’aéroport de Sénou. Il a remercié les bonnes volontés, notamment les notables de Kidal grâce auxquels, cette libération est intervenue.

Il a expliqué que pour mieux comprendre ce qui vient de se passer, il fallait remonter au mois d’août 2007 quand des militaires et des civils ont été enlevés dans le Tamesna et dans le secteur de Tinzawatène. Le nord-est de la Région de Kidal vivait alors une velléité d’insurrection. Face à cette situation, la première chose à faire pour l’État était d’assurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire, a poursuivi Amadou Toumani Touré.

Les deux parties finirent par accepter une trêve. Entretemps, l’État jugea que deux conditions étaient incontournables pour arriver à la paix : la libération de l’ensemble des otages (plus d’une trentaine) et le retour des insurgés dans le cadre de l’Accord d’Alger. « Cela fut accepté par l’autre partie. Pour nous il n’y avait donc aucune raison de ne pas ouvrir des concertations et c’est ainsi que les facilitateurs ont commencé les démarches« , a poursuivi le chef de l’État.

C’est dans ce contexte que 8 otages ont été libérés dans un premier temps. Plus tard, Amadou Toumani Touré demanda à la partie algérienne, plus précisément au président de la République algérienne, Abdel Aziz Bouteflika, de s’impliquer pour une solution pacifique de la crise.
Les efforts de celui-ci ont été payants et 10 otages seront libérés par la suite. Il restait alors 22 dernières personnes à faire libérer.

Le chef de l’État a précisé que toutes les options militaires avaient été préparées pour y parvenir, mais qu’il était convaincu que ce n’était pas la meilleure solution. C’est pour cette raison qu’il a privilégié la solution du dialogue et de la patience.

Ne ménageant ni son temps, ni son énergie, le chef de l’État est allé à la rencontre du Guide de la Grande Jamahiriya libyenne, Mouamar Kadhafi, à qui il a aussi demandé son implication.

Le Guide qui considère notre pays comme sa seconde patrie promit de s’employer à trouver une solution à la crise. Il a tenu promesse. Après 4 mois d’efforts, notre pays a obtenu la libération de tous les otages.

Il y a-t-il eu paiement d’une rançon pour la libération des otages ? Le gouvernement n’a payé aucune rançon, a répondu d’un ton ferme et sans équivoque Amadou Toumani Touré.

S. DOUMBIA

L’essor du 11 mars 2008.