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Le président de la République, Amadou Toumani Touré est retourné d’une visite de deux jours en Algérie. Un voyage présidentiel dont les suites étaient très attendues par tout le peuple malien qui commençait à s’impatienter à propos de la libération des otages militaires encore détenus par Ibrahim Ag Bahanga.

En mission dans la zone de Tinzawaten, une localité située à quelques 320 km de Kidal (8è région administrative du Mali), des civils et militaires maliens avaient été surpris par une bande armée dirigée par Ibrahim Ag Bahanga.

Retranché depuis sur le sol Algérien, le bandit tente vainement d’obtenir de Bamako le versement d’une rançon en contrepartie de cette libération qui lui est actuellement demandée de toute part, y compris par la communauté touarègue largement favorable à la paix et à la stabilité dans la zone.

Si l’implication directe de certains pays amis du Mali a permis d’obtenir la libération des otages civils, force est de regretter que la libération des otages militaires a toujours été refusée par le bandit qui exigeait, jusqu’à une date récente, une contrepartie à cette libération.

Mais on sait que les autorités politiques maliennes, au plus haut niveau, se sont toujours montrées inaccessibles à une telle exigence de Ibrahim Ag Bahanga qui, pressé de toute part, ne chercherait lui-même qu’une petite opportunité pour en finir avec ce problème des otages devenu finalement comme une patate chaude entre ses mains.

Après les actions de pays partenaires, qui ont eu des impacts qu’on ne peut leur nier, la visite officielle de 48 heures que le président de la République, Amadou Toumani Touré vient d’effectuer en Algérie a eu, pour sa part, le mérite de dégager davantage le ciel pour la libération prochaine des otages. Ainsi à Alger, le président ATT, entre autres sujets, s’est entretenu avec son homologue Abdel Aziz Boutéflika sur cette question à laquelle il a toujours accordé une attention particulière.

Cette visite qui s’inscrit, selon lui, dans la droite ligne du renouvellement par le Mali de ses engagements dans le cadre de l’application des accords d’Alger, ne saurait se traduire par une volonté quelconque d’engager des négociations avec une bande qui croit tout avoir au bout du fusil.

Le président Amadou Toumani Touré qui a noté une ferme volonté du président Abdel Aziz Boutéflika de s’impliquer de manière plus active pour une libération sans condition des otages, a rassuré le peuple malien d’un retour prochain des otages dans leurs familles et unités respectives.

« Mon homologue et moi-même avons déjà dégagé un plan d’action et convenu d’un certain nombre de délais à respecter pour le retour des otages…», a indiqué le président de la République. Il est alors heureux de constater que l’Algérie se décide enfin à peser de tout son poids pour faire revenir à la raison Bahanga et sa bande. C’est une option salutaire.

Par ailleurs, la sagesse africaine nous enseigne que mieux vaut revenir de l’arène en laissant éclater sa joie que de chanter en y partant. C’est ce qu’a compris certainement ATT qui s’était emmuré dans un quasi silence concernant cette affaire des otages.

Pourtant, il suivait tout, au jour le jour: « J’étais régulièrement informé de ce qui se passait et je suivais personnellement cette affaire ». C’est vrai qu’on ne fait pas de la diplomatie sur la place publique et que le souci de rendre sauve la vie des otages est infiniment plus important que des déclarations tonitruantes qui ne ressembleraient d’ailleurs pas à ATT.

Oumar Diamoye

29 novembre 2007.