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Les otages sont arrivés sur le sol français. Ils sont libres. Les quatre otages français enlevés en septembre 2010 retrouvent leurs proches et, passée l’émotion de leur libération, les questions sur les conditions de leur libération et notamment le versement d’une rançon se précisent.

jpg_une-2261.jpgLes conditions de la libération de ces otages et les éventuelles contreparties versées aux ravisseurs suscitent de nombreuses questions depuis l’annonce de la libération des ex-otages d’Arlit, comme à chaque libération d’otages.

Comme l’explique notre correspondant à Bamako, les libérations d’otages sont assorties de plusieurs revendications. Dans le cas des otages d’Arlit, par exemple, les ravisseurs auraient pu exiger le retrait de l’interdiction du voile islamique dans les lieux publics ou dans les écoles ; ils ne l’ont pas demandé ça. Autre revendication, la libération des prisonniers jihadistes dans les pays du Sahel ou en France. Or il n’y a pas eu, en tout cas officiellement, de libérations de jihadistes au Mali ou au Niger, ou même en France récemment, avant la libération des derniers otages d’Arlit. Dernière revendication, elle est d’ordre financier : c’est ce qu’on appelle la rançon. Mais dès que l’on parle de rançon, personne ne veut s’exprimer.

Précisions sur le versement de la rançon

Dans le cas des Quatre d’Arlit, il y a eu une compensation financière, selon une source très proche de la médiation, citée par le quotidien Le Monde. Une information confirmée par notre correspondant à Bamako, Serge Daniel : «Nous avons effectivement, remis de l’argent, au moins 20 millions d’euros aux ravisseurs». Voilà ce que lui déclarait une source très, très proche de la médiation.

Le quotidien assure que plus 20 millions d’euros ont bien été versés aux ravisseurs. La remise de rançon s’est déroulée dans l’extrême nord-ouest du Mali, près des frontières algérienne et mauritanienne, dans une zone désertique. Les hommes de la DGSE ont alors échangé la somme d’argent contre les coordonnées GPS de l’endroit ou étaient cachés les quatre otages d’Arlit. Ces 20 millions d’euros proviendraient des fonds secrets de la République. Une remise de rançon qui irait donc à l’encontre de la promesse du président Hollande qui avait assuré que la France ne paierait plus.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem questionnée sur le sujet, a déclaré dans la matinée que la France n’avait «pas changé de politique à l’égard des rançons» rappelant les propos du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. «La France n’a pas participé directement aux tractations sur la libération des otages. C’est le Niger qui a réussi à trouver une issue à cette trop longue prise d’otages. Sur la question des rançons, notre politique est constante en la matière» a déclaré la porte-parole du gouvernement.

RFI, le 30 Octobre 2013