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En compagnie de Iyad Ag Ghaly, Ibrahim Bahanga a finalement quitté Tamanrasset, en Algérie, le mardi soir, à destination de Tripoli. Sur place, les deux hommes engageront des négociations ultimes avec les autorités libyennes, en vue de la libération des otages -civils et militaires- encore aux mains des bandits.

Kidal, il était 06 heures du matin lorsque notre véhicule parvint péniblement à gravir une colline de rocher donnant droit sur une vallée dont l’un des deux versants bien taillé porte l’inscription : « Kidal vous souhaite la bienvenue ». Fin d’un long trajet mais aussi d’un voyage traumatisant du fait d’une voie en très mauvais état et escarpé en plusieurs endroits par des dépôts de sable et de rochers.

A 06 heures, il ne fait certes pas encore totalement jour, mais les rues de la ville commencent déjà à retrouver leur ambiance, leur surchauffe habituelle, signe également d’un retour de la vie dans cette ville sur laquelle les derniers actes de Ibrahim Ag Bahanga et ses hommes avaient peser toute sortes d’incertitudes.

Certains ont ainsi pu craindre que à la suite de Tinzawaten, Kidal également ne se plonge dans la même psychose entraînant des déplacements de populations civiles. Fort heureusement, avec la montée en puissance de l’armée qui trône depuis sur Tinzawaten, corridor du trafique des stupéfiants de tout genre, les populations kidaloises vaquent désormais à leurs occupations quotidiennes. La ville a ainsi recouvré sa traditionnelle animation et le marché des artisans, sis au centre ville, est grouillant de monde.

A Kidal, beaucoup se soulagent de ce retour de la paix. Une situation qui découlerait d’un certains nombre de mesures sécuritaires très appréciées par les citoyens. Il s’agit, entre autres, de l’érection de postes de contrôle à chaque 50 km de la ville de Kidal, la reprise à une certaines heures de la patrouille militaire. A ces mesures s’ajoutent d’autres dispositifs comme contrôle systématique de l’identité de tous ceux qui se présentent nuitamment aux portes de la ville.

« Grâce à Dieu nous n’avons aucun problème de sécurité aujourd’hui » confie un habitant de la ville pour qui les habitants de la ville ont un seul souci : que la crise trouve un dénouement heureux des otages entre les mains des rebelles.

C’est cette même volonté de consolider la paix qui justifie la tenue, la semaine dernière au gouvernorat de la ville, d’une grande assemblée générale convoqué par les quatre députés de la région en présence des représentants du chef rebelle, Ibrahim Bahanga, parti depuis hier soir (mardi) en Libye accompagné du président de l’Alliance du 23 mai, Iyade Ag Ghali.

Selon nos sources, les hommes de Ibrahim Ag Bahanga, touchés par les membres de la commission pour la Stabilité et la Réconciliation suite de la dernière assemblée générale, ne sont pas contre l’éventualité de la libration prochaine des otages entre leurs mains. Mais disent s’en remettre au bon vouloir de leur Chef (Bahanga) qui souhaiterait toujours que cela soit précédé du retrait des militaires de la zone de Tinzawaten.

L’Algérie qui a vainement tenté de le retenir sur son sol a du, selon nos informations se résoudre à accepter que le leader libyen, Mouammar Khaddafi, s’implique. C’est ce qui explique la présence depuis hier du chef rebelle en territoire libyen. En attendant, notabilités aussi bien que les populations partagent le même espoir, celui de voir Ibrahim Ag Bahanga accepter de libérer sans conditions préalables les otages qu’il détient. Ecoutera-t-il le guide Libyen ? Les prochains jours nous le diront.

Oumar Diamoye,

Envoyé spécial

08 novembre 2007.