Partager

Je voudrais d’abord Mme la ministre, à travers vous, saluer le pays ami qu’est l’Autriche. Nous avons été profondément honorés, il y a quelques mois de la visite officielle que le président fédéral a effectuée à Bamako, nous avons noué, lui et moi, une amitié, et lorsque cet événement malheureux s’est produit, le président m’a personnellement téléphoné, et vous-même Mme la ministre, vous êtes venue me voir pour demander l’implication du Mali dans la recherche d’une solution pacifique.

Cela fait bientôt 10 mois, des équipes, vous-même Mme la ministre, que je tiens ici à remercier. Je voudrais saluer l’expérience, la sagesse et surtout l’expertise de l’Ambassadeur Prohaska. Pendant quelques mois, j’ai beaucoup appris de lui. Je voudrais dire à nos amis les anciens otages vraiment le peuple malien est très touché et particulièrement fier aujourd’hui d’avoir réussi à rendre à l’Autriche une femme et un homme qui, pendant une période très longue, ont vécu, j’en suis sûr, une période particulièrement difficile… ”.

Tels sont les premiers mots de Son Excellence M. Amadou Toumani Touré, président de la République du Mali lors de la cérémonie de remise aux autorités Autrichiennes du couple de touristes Autrichiens porté disparu le 22 février dans le sud de la Tunisie, puis transféré dans le nord de notre pays.


Les efforts qui ont permis la libération

Cet enlèvement avait été revendiqué, on se rappelle, par la branche d’Al Qaïda au Maghreb Islamique et les ravisseurs exigeaient la libération d’islamistes détenus en Algérie et en Tunisie. Mais depuis les premiers jours de cette affaire, les autorités Autrichiennes ont effectué des missions conjointes auprès de notre pays et particulièrement du président de la République, Son Excellence M. Amadou Toumani Touré.

Ce choix s’explique seulement par l’expérience et la renommée de l’homme dans la médiation dans de pareilles situations et les différentes missions qu’il a accomplies avant de devenir le président de la République du Mali. Grâce à la bénédiction de Dieu, à la compétence et au professionnalisme de nos services, cette mission a été accomplie avec éclat et succès.

Selon le président de la République, le déplacement sans arrêt des ravisseurs du couple Autrichien rendait très complexe les négociations de libération, mais les élus, les notables, et les personnes de volonté se sont mobilisés pour que cela soit effectif. Par rapport aux conditions de libération de ce couple, certains médias, notamment étrangers ont affirmé qu’une rançon aurait été payée. La source ne fournit pas de détails par rapport au montant ni à celui qui a payé la rançon.


Aucune rançon n’a été payée

Dans son intervention, le président de la République s’est beaucoup attardé sur ce point pour bien clarifier la situation : “Le Mali voudrait dire clair et précis, le Mali n’a reçu aucune somme venant de la part de l’Autriche pour faire une quelconque transaction et le Mali n’a absolument donné rien du tout pour une quelconque transaction. Je voudrais le témoigner ici devant la communauté internationale et le peuple malien que ce sont les efforts de nos populations, de nos élus, des notables qui se sont investis pendant des mois pour que cela soit effectif aujourd’hui”, a-t-il précisé.

Cette libération est intervenue le jeudi 30 octobre 2008 dans une zone à plus de 1 500 km de Gao située aussi à 1 222 km de Bamako. Leur sécurité a été assurée par les services de sécurité jusqu’à Bamako.

La remise des otages

Pour recevoir M. Wolfgang Ebner et Mme Andrea Kloiber, les deux ex-otages, la ministre Autrichienne des affaires étrangères, Mme Ursula Plassnik accompagnée de l’Ambassadeur Anton Prohaska envoyé spécial d’Autriche pour suivre cette affaire, a effectué le déplacement à Bamako.

Devant les ministres des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale M. Moctar Ouane et celui de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, M. Sadio Gassama, le président de la République a remis les deux ex-otages au ministre Ursula Plassnik au nom du peuple malien.

Aussi, le président de la République leur a donné des cadeaux comme souvenirs du Mali. C’est sur une bonne note d’amitié et de fraternité que le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale M. Moctar Ouane à accompagné la délégation Autrichienne à l’Aéroport Bamako-Sénou.

Une libération saluée

Par la suite, le président de la République s’est entretenu avec la presse sur les questions obscures dans ce dossier. Les autorités maliennes et celles de l’Autriche se sont réjouies de cette libération, mais en ce qui nous concerne, notre pays, il se trouvait dans une situation inconfortable.

Déjà sur le territoire, on ne pouvait ne pas s’engager et un échec allait sans nul doute créer un ressentiment aux yeux de certains de nos partenaires privilégiés. Mais tout est bien qui finit bien !


Moussa KONDO (Stagiaire)

03 Novembre 2008