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A neuf mois de la présidentielle en Algérie, une seule question alimente le débat: le président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans et diminué, briguera-t-il un 5e mandat? Plus que probable, estiment les analystes, alors que le camp présidentiel multiplie les appels en ce sens. « Pour peu que Dieu lui prête vie, M. Bouteflika briguera à coup sûr un cinquième mandat », assure à l’AFP Mohamed Hennad, professeur de sciences politiques à l’université d’Alger. Dans les chancelleries occidentales, un 5e mandat du chef de l’Etat, au pouvoir depuis 1999 et détenteur du record de longévité à la tête de l’Etat algérien, est désormais une quasi-certitude, assure à l’AFP un diplomate étranger en poste en Algérie. « Tous les signes extérieurs tendent à prouver qu’à la tête de l’Etat algérien, un très petit groupe de personnes très puissantes pousse en faveur d’une réélection du président en place », affirme Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à Paris-I.Groupes religieux, régionaux, culturels et partis politiques apparaissent « totalement marginalisés » et « il semble ne pas y avoir de contre-pouvoir à la tête de l’Etat », susceptible d’empêcher un 5e mandat, poursuit ce spécialiste du Maghreb. Le Pr Hennad ne voit que deux cas où le président sortant ne se représentera pas: s’il « se retire -hypothèse improbable (…)- ou s’il est déclaré inapte avant le scrutin, chose impensable pour le moment ».AFP