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« Pour l’Afrique et pour toi Mali » est l’intitulé de l’hymne National du Mali écrit par Seydou Badian Kouyaté. Il a été adopté par la loi 67-72 du 9 août 1962. Une version en langue bambara existe également, traduite par le Mouvement Pionnier du Mali. Malgré cette longue date de création et de l’existence de la double version de cet hymne national surtout en langue locale, force est de reconnaitre qu’il n’y a qu’une fraction de la population qui le maitrise.Plusieurs raisons sont avancées par les gens pour justifier sa non-maitrise.

Peu de maliens maitrisent leur hymne national, cette affirmation est vérifiée. Dans la circulation, sur 20 maliens interrogés pour réciter ce chant, seulement 2 ou 3 arrivent à dire 1 couplet. Pour certains, la majorité des maliens ne sont pas allés à l’école, donc difficile de retenir les couplets de notre hymne national par cœur. « C’est l’analphabétisme de la population qui explique ce phénomène. On apprend ce chant à l’école, mais si les gens n’y vont pas, comment ils pourront le maitriser ? » ; dit Tchainan Tangara ; étudiant.

En outre, d’autres pensent que le manque du patriotisme est à la base de la non-maitrise de ce chant tant glorifié. « Le malien s’en fout de tout ce qui ne lui rapporte pas de l’argent. Il manque le patriotisme. Si vous mettez 2000 F tout de suite comme à l’approche des élections présidentielles, vous verrez que même les enfants vont maitriser notre hymne national » ; a ajouté Alpha Koné ; un citoyen.

Une autre vague affirme que la défaillance dans le système scolaire malien fait que les élèves ne maitrisent pas « Pour l’Afrique et pour toi, Mali ». Selon elle, seuls les enseignants sont coupables de ce mal qui prend de plus en plus de l’ampleur. « Les maitres ou professeurs qui devaient inculquer ce chant aux enfants depuis leurs bas-âges, ne font plus de cet apprentissage leur priorité. Normalement, c’est à l’école qu’on apprend l’hymne national, mais on constate que même certains étudiants l’ignorent encore » ; martèle Korotoum Djila. Elle conclut que : « Même la version Bambara n’est pas maitrisée par le peuple. C’est désolant ».

Pour trouver une solution à ce mal, qui d’après la population est un manque de respect à notre chère patrie, les avis sont partagés. « L’Etat doit inclure ce chant dans le programme obligatoirement pour les sortants de l’IFM. Eux à leur tour, feront de cela une obligation aux apprenants » ; a proposé Korotoum Djila.

Tchainan Tangara et Alpha Koné pensent que le malien doit avoir le sang du patriotisme dans leurs veines. Pour eux, c’est en ayant cet amour dans le cœur que beaucoup comprendront la nécessité de ce beau chant composé par Seydou Badian. « Il faut honorer la mémoire de cet illustre homme disparu » ; a conclu Alpha Koné.

Adama Sanogo

@Afribone