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abou.jpgL’huilerie Abou Woro Yacouba Traoré (Hawyt), la plus grande unité de fabrique d’huile, de savon et d’aliments bétails de Sikasso va fermer ses portes cette semaine, pour une durée de six mois, mettant ainsi au chômage technique les 550 employés de l’usine.

Cause de cette fermeture : les derniers stocks de coton graine sont pratiquement épuisés et il va falloir attendre novembre 2007 pour que l’usine redémarre.

L’usine Hawyt est le sponsor officiel de la 6e édition du Forum des peuples qui a débuté lundi 4 juin à Sikasso et auquel près de 1000 alter mondialistes du monde entier vont participer.

Cette situation est décriée par le promoteur de l’usine Mr Abou Woro Yacouba Traoré. Ce dernier, très amer, a expliqué l’origine de cette rupture : « Nous avons une capacité de transformation de 300 tonnes de coton graine par jour, ce qui fait 90 000 t par an. Mais, nous n’arrivons pas à avoir 20 000 t de coton graine par an. C’est vrai qu’il y a d’autres unités industrielles qui ont besoin de coton graine. Mais, ils nous laissent dans le besoin pour aller vendre le coton graine à l’extérieur du Mali. Comment pouvez-vous comprendre cela ? ».

L’usine Hawyt, en plus de cette rupture, connaît également un problème d’électricité : les groupes de EDM seraient toujours en panne et n’arrivent pas à desservir correctement toute la ville.

Le PDG de l’usine, dans le but de faire face à ce problème, a révélé ces ambitions. Il va diversifier ses matières premières.

Déjà, il a lancé une vaste campagne de culture du pourghère, du colza, du tournesol, de plantes oléagineuses, qu’il compte transformer en carburant diesel, en huile et en aliment bétail.

De même, sont en cours, des travaux d’aménagement de 500 000 ha à Macina pour la culture du blé, du riz et de la tomate.

Trois usines seront implantées à Macina pour la transformation de ces produits et une autre usine verra le jour sur la route de Bouaké pour la fabrique d’engrais.

Face à la concurrence au niveau international, le PDG de Hawyt estime son unité de production prête à affronter cette dernière: « Nous n’avons pas peur de la concurrence des Blancs, nous pouvons bien faire comme les Blancs à condition de nous préparer, de nous organiser et de travailler. Notre problème est que nous nous sous-estimons ».

« Les Européens n’ont pas de matières premières, ils tirent tout de l’Afrique. Ayons confiance en nous et travaillons, n’attendons pas le financement extérieur et n’attendons pas tout du gouvernement », a-t-il ajouté.

08 juin 2007.

A la découverte de l’homme !

abou1.jpgAbou Woro Yacouba Traoré est ce que les Anglo-saxons appellent Self Made man, ancien élève coranique, il a traîné sa bosse dans de nombreux pays comme le Nigeria, le Cameroun, le Congo Brazzaville et le Gabon à la recherche d’une situation encore meilleure.

Quelques années plus tard, l’enfant de Sikasso, mais originaire de Woloni (ex arrondissement de yangasso dans la région de Ségou) est retourné au bercail pour prêter main forte à son père Woro Yacouba Traoré (commerçant de cola) qui l’avait d’ailleurs initié au commerce depuis sa tendre enfance.
« Depuis que j’avais 6 ans, pendant les jours fériés et les après midi mon père m’envoyait vendre à la sauvette de la cola dans les marchés et dans les familles » se rappelle-t-il toujours.

Cette activité que beaucoup d’enfants de son âge n’acceptaient pas de mener de peur de devenir la risée des camarades, a justement été pour le début d’une riche carrière d’homme d’affaires qui donna dès son retour, une nouvelle dimension au petit commerce. C’est ainsi qu’il deviendra un importateur et exportateur vers la Côte d’ivoire, le Ghana, le Sénégal, Nigeria, Malaisie, Chine, France, etc.

Malgré les énormes handicaps, il deviendra le principal fournisseur d’intrants agricoles de la CMDT. De nos jours, il dispose d’une société de transport « forte Woloni Transport » forte environ d’une vingtaine de camions de transport, d’une entreprise de BTP du nom de « Woloni Batîment Travaux Publics », d’une entreprise de Transit appelée Compagnie Wolonidougou Transit et Transport.

En 2005, il créa l’unité de production « Huilerie Abou Woro Yacouba TRAORE, HAWYT ». « J’ai créé l’usine pour essayer de créer le maximum d’emplois car j’ai estimé que mon Etablissement commercial, mes compagnies de transit et de transport et l’entreprise BTP ne pouvaient à eux seuls générer pas plus d’une centaine d’emplois. J’ai aussi la volonté de faire du mali un pays producteur et non un pays d’importation » explique Abou Woro Yacoubé Traoré qui ambitionne de reprendre l’usine de phosphate de Tilsit pour créer plus de 1000 emplois.

A ses 600 employés, Abou TRAORE paye déjà mensuellement plus de 36 millions de nos francs comme salaires, 1,5 million de francs CFA aux impôts et plus de 2 millions en YVA (collectées et reversées). Même s’il est dit prêt à collaborer avec les institutions financières telles que les banques et les caisses d’épargne et de crédit, l’homme affirme avoir tous ses investissements sur fonds propres.

Il continue de nourrir de nouveaux projets industriels comme l’installation très prochainement en zone Office du Niger de trois usines pour la production de concentré de tomates, de conditionnement du riz parfumé et de production de farine de blé. Pour ces trois projets, Abou WORO dispose de 5000 ha (à Ké-Macina) dont les travaux d’aménagement sont à un niveau d’exécution de 60%.

Autant dire que si tout va bien, ces unités commenceront à tourner en 2009 au grand bonheur de la population de la localité qui vient d’ailleurs d’ouvrir un lycée agricole pour les besoins de la cause.

Une fois de plus, il donne une grande leçon de patriotisme et d’intelligence à bon nombre d’importateurs du riz qui refusent d’investir en zone Office du Niger pour assurer la souveraineté alimentaire de notre pays, créer des emplois et développer la zone.

Même s’il ne précise pas encore la date, le plus jeune promoteur industriel du mali (35 ans) et bientôt deuxième employeur privé après Alou TOMOTA, promet de faire de notre pays un producteur de biscuits et de chocolat.

Une autre initiative très porteuse car de l’avis d’Abou WORO, de telles productions seront obligatoirement rentables pour la simple raison que les matières premières peuvent à 100 % provenir du Karité qu’exploitent 3 à 4 millions de maliens.

Monsieur TRAORE explique ses multiples succès commerciaux et industriels par l’amour du travail, la persévérance le sacrifice et la patience. « Pour créer une grande entreprise, il faut oser, s’aventurer et éviter les calculs » tient-il quand même à ajouter.


Le secret de l’homme : « ne jamais se sous estimer et être confiant en tout ce qu’on entreprend« 

Aux jeunes, l’homme a donné un seul conseil : « ne jamais se sous-estimer et croire toujours à ce qu’on fait. On n’a pas besoin de milliards pour créer une usine. Pour moi, le capital n’est jamais assez insuffisant pour entreprendre, l’essentiel est d’entreprendre quelque chose, le reste viendra au fur et à mesure ».

Abou TRORE reste convaincu que le développement passe par l’industrialisation et la mécanisation de notre agriculture, ce qui, selon lui, nécessite la persévérance car les pays producteurs tenteront toujours de s’y opposer.

Source:
L’Indicateur DU RENOUVEAU du vendredi 23 mars 2007