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C’est la question que se posent les employés de l’Hôtel Laïco l’Amitié depuis plus de deux mois maintenant. En effet, depuis le 22 mars, date du coup d’Etat militaire qui a renversé le Président de la République Amadou Toumani Touré, l’Hôtel de l’Amitié, aussi bien que son voisin d’en face, l’ORTM, vit au rythme de ou plutôt selon les humeurs de l’ex-junte.

Restons au niveau de l’établissement hôtelier le plus huppé du Mali, puisque c’est lui qui nous intéresse. Racheté par un fonds d’investisseurs proches du défunt Colonel Khadaffi et remis aux normes les plus internationales, l’Hôtel Laïco de l’Amitié a vécu, depuis mars denier, tout d’abord le transfert de ses occupants au Kempinski Al Farouk puis la mise des travailleurs en chômage technique.

Après le soi-disant retour du Mali «à l’ordre constitutionnel», l’on a assisté à une timide réouverture de l’établissement. Mais, une fois de plus, après «l’affrontement des bérets», du 30 avril au 1er mai, l’hôtel a été coupé du reste de la ville à cause de sa proximité avec l’ORTM.

Conséquence: les travailleurs ont été renvoyés chez eux et mis en récupération. Aux dernières nouvelles, la direction aurait promis d’assurer les salaires jusqu’au 31 septembre 2012. Déjà, dès ce 1er juin, c’est seulement un service minimum qui sera assuré, avec un nombre de personnes non encore communiqué par la direction. Une Direction qui n’a pas voulu nous recevoir, malgré la gravité du problème.

Ministère du Tourisme: l’attentisme

Nous nous sommes donc tournés vers le ministère du Tourisme, pour savoir pourquoi le blocage de l’accès à l’hôtel n’était pas encore levé, malgré la mise en place du gouvernement. Nous nous y sommes surtout rendus pour savoir pourquoi Mme la ministre ne pourrait pas, de son propre chef, demander à ses collègues de l’Intérieur et des Forces armées de faire libérer le passage vers cet hôtel, qui rapporte à l’Etat malien des centaines de millions de FCFA par mois?

Nous nous sommes retrouvés en face du Conseiller technique Nafogo et du Secrétaire général, Almamy Koréïssi, tous les deux assez attentistes. «Il faut que la direction de l’hôtel nous saisisse par écrit pour expliquer les problèmes qu’elle a afin que le ministre demande à ses collègues de mener des actions… Nous avons rencontré des associations de l’hôtellerie, de l’artisanat et du tourisme.

Elles nous ont fait le point de leurs problèmes, sauf celui de l’Hôtel de l’Amitié… Si le ministre demande à ses homologues d’agir, imaginez ce que cela va donner…». Heureusement que nos deux interlocuteurs ne travaillent pas dans des ministères où l’on doit d’abord agir avant de penser aux correspondances.

Tout compte fait, il revient à la toute nouvelle ministre d’agir pour le Mali, car, en plus du plus important établissement hôtelier du Mali, menacé de fermeture, ce sont environ 250 employés qui se verront remercier dans les prochains jours. Lorsque l’on sait que derrière chaque employé, il y a des dizaines de bouches à nourrir, une initiative personnelle de la ministre de l’Artisanat, de la Culture et du Tourisme, Mme Diallo Fadima Touré, est vivement attendue.

Paul Mben

31 Mai 2012