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L’exécutif somalien, présenté à son arrivée au pouvoir l’an dernier comme la meilleure chance en 20 ans d’un retour à la paix en Somalie, est aujourd’hui rongé par des rivalités internes qui menacent la lutte contre les islamistes shebab, avertissent des experts.Le Premier ministre Abdi Farah Shirdon a récemment refusé de démissionner comme le lui demandait le président Hassan Sheikh Mohamud et fait désormais face à une motion de défiance devant le Parlement. L’origine du conflit est peu claire, mais des hommes politiques somaliens mettent en avant affaires de corruption, histoires de loyauté combinées au complexe système clanique somalien, selon lequel chaque groupe communautaire est censé trouver sa place au sein du pouvoir. Son prédécesseur, Abdusalam Omer, avait dû démissionner en septembre, quand des experts de l’ONU avaient dénoncé des détournements de millions de dollars et accusé la Banque centrale d’être devenue une « caisse noire » de dirigeants somaliens. Des accusations là encore démenties par Mogadiscio. En coulisse, des diplomates étrangers ont tenté d’aider le président et son Premier ministre à trouver un accord, jusqu’ici sans succès. Désormais, une majorité de députés semblent déterminés à soutenir M. Mohamud contre M. Shirdon. Selon la source occidentale, l’optimisme qui avait accompagné la nomination du nouveau gouvernement s’est depuis un an frotté à la « réalité ». Mais laisser la situation s’enliser fait aussi le jeu des insurgés shebab, qui ont juré la perte des autorités de Mogadiscio. AFP.