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L’ancien président tchadien, Hissène Habré, inculpé mardi de crimes contre l’humanité, incarcéré à Dakar où il est réfugié depuis 22 ans, a dénoncé « la mascarade judiciaire » dont il serait victime, ont affirmé mercredi à Dakar ses avocats. Ses avocats ont dénoncé « la violation du secret de l’instruction » par le procureur du tribunal spécial, le refus de leur permettre de voir leur client et d’accéder au dossier d’accusation. La Cour de cassation du Sénégal avait en mars 2001 estimé que la justice sénégalaise n’était pas compétente pour juger des crimes commis par un étranger hors du Sénégal. La cour de justice de la Cédéao avait déjà dit que ce qui était jugé au Sénégal avait « autorité » et que le dossier Habré devait être « une affaire classée », a noté Me François Serres, un autre de ses avocats. Me Serres a également évoqué des obstacles dressés, selon lui, par le tribunal spécial pour empêcher à la défense de M. Habré de mener au Tchad des enquêtes à décharge. Cinq proches d’Habré sont également visés. Pour Me El Hadji Diouf, autre conseil de M. Habré, ils « n’ont fait que reprendre le livre blanc de (Idriss) Déby », l’actuel président tchadien qui avait renversé Hissène Habré en 1990. « M. Déby, maladroit, a fait une déclaration indécente en félicitant Macky Sall . C’est la justice des vainqueurs. Tout cela est politique », a-t-il poursuivi.AFP.