Partager

L’ancien président des Comores Ahmed Abdallah Sambi a été inculpé et placé en détention dans le cadre d’une enquête sur des détournements de fonds opérés lors d’une vaste fraude aux passeports, a-t-on appris mardi auprès de son avocate. Au pouvoir de 2006 à 2011, M. Sambi, l’un des principaux opposants au régime, était assigné à résidence depuis quatre mois, accusé d' »atteintes à l’ordre public ». Lundi après-midi, un juge d’instruction l’a inculpé de « corruption, détournement de deniers publics, complicité de faux et usage de faux et forfaiture » dans un scandale de fraude aux passeports et a ordonné son placement en détention. Un récent rapport parlementaire l’a accusé, ainsi que son successeur Ikililou Dhoinine, d’avoir détourné des millions de dollars dans le cadre d’un programme de vente de passeports à des apatrides qui a défrayé la chronique. Lancé en 2008 lorsque M. Sambi dirigeait les Comores, ce projet visait à « vendre » la citoyenneté comorienne à des populations apatrides du Koweït et des Emirats arabes unis, connues sous le nom de « bidouns », en échange d’investissements des deux pays dans l’archipel pauvre de l’océan Indien. Les députés comoriens ont évalué à 971 milions de dollars le montant de l’argent détourné.AFP