Partager

Le dictateur déchu devrait être appelé à comparaître devant un tribunal soudanais pour y répondre d’accusations de corruption. C’est un coup aux allures de coïncidence, le tout agrémenté d’un peu de panache et d’ironie, comme il sied aux grands moments. Samedi 17 août, le président déchu du Soudan, Omar Al-Bachir, verra son procès commencer. Le jour même où les forces ayant émergé lors de la chute, en avril, du général doivent signer à Khartoum la « déclaration constitutionnelle » qui encadre, de manière formelle, la fin de son pouvoir. Une fois renversé par ses propres généraux, réunis ensuite dans une structure baptisée « Conseil militaire de transition » (TMC), M. Al-Bachir avait été placé en résidence surveillée, puis, en théorie, transféré à la prison de Kober, dans le nord de Khartoum. Maints observateurs s’interrogeaient sur la détermination des membres du TMC à l’exposer à la justice soudanaise. Il ne faisait aucun doute, en revanche, qu’ils n’accepteraient pas de transférer l’ex-dictateur à la Cour pénale internationale (CPI), dont le bureau du procureur, entre 2009 et 2010, avait délivré plusieurs mandats d’arrêt à son encontre, afin de répondre à des accusations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide.Jean-Philippe Rémy