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Soutien a DioncoundaTraoré : l’ex-junte militaire désavoue ses alliés

En condamnant l’agression du président Dioncounda Traoré par des manifestants qui l’ont blessé sans mettre sa vie en danger, le capitaine Amadou Haya Sanogo semble prendre ses distances avec ses alliés politiques. Mieux, il les a dévoués en appelant « au respect de toutes les actions entreprises pour une sortie de crise louable et une transition pacifique dans l’intérêt supérieur de la nation ». Il a rejeté leur choix porté sur lui pour diriger la transition.

Dans un communiqué signé de son chef, le capitaine Amadou Haya Sanogo, le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) a dénoncé l’atteinte à l’intégrité physique du président de la République par intérim, Dioncounda Traoré.

Il a « condamné fermement ces actes d’agression qui ne peuvent justifier aucune expression d’opinion, ni une contestation populaire ». Mieux, le capitaine Sanogo a pris ses distances avec ses alliés politiques en appelant à « plus de tolérance et de retenue, au respect de toutes les actions entreprises pour une sortie de crise louable et une transition pacifique dans l’intérêt supérieur de la nation ».

Il a rappelé qu’ »en ces périodes critiques que traverse » le pays, dont le Nord est occupé depuis près de deux mois par des groupes armés dominés par des islamistes, « seul le dialogue (…) doit être notre guide dans la recherche d’une solution véritable ».

Pour certains, cette condamnation est une prise de distance de la junte à l’égard de ses alliés politiques et même un désaveu pour de nombreux leaders hostiles au maintien de Dioncounda Traoré. Pour d’autres, ce n’est qu’une déclaration de principe qui ne dédouane pas le capitaine Sanogo et ses hommes dans l’agression du président de la République qui n’ont rien fait pour empêcher ce qui est arrivé et qui était prévisible.

Aux dernières nouvelles, le capitaine Sanogo a refusé de recevoir à Kati une délégation de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam) venue lui rendre compte des résolutions de sa Convention nationale et a pris ses distances avec toutes leurs décisions.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 24 Mai 2012