Partager

Dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder, l’actuel Directeur général de la police militaire de la Côte d’Ivoire, Zakaria Koné a démenti fermement son implication comme mercenaire dans les affrontements entre les bérets verts et les bérets rouges de l’armée malienne. Le mythique et mystique militaire demande aux Maliens de se réconcilier.

Indépendant : Bonjour mon Directeur. Des rumeurs circulent à Bamako faisant croire à votre implication dans les affrontements entre les bérets verts et les bérets rouges de l’armée malienne. Est-ce vrai ?

Z.K. D’abord je vous remercie ainsi que votre journal qui vient de poser un acte de professionnalisme du métier de presse en venant à la source de l’information. En réalité, je n’ai plus foulé la terre malienne depuis le 20 Juin 2010. Comme vous venez de le dire, j’ai été informé par un intime ami d’Air Mali que je suis détenu à Bamako, alors que je suis ici à Abidjan. Depuis la fin de la guerre en Côte d’Ivoire, le Président de la République son excellence Alassane Ouattara a créé une unité au sein des FRCI (Forces Républicaines de Côté d’Ivoire) qui est la police militaire que je dirige. Avec cette lourde tâche, je n’ai pas le temps d’aller déstabiliser un pays voisin surtout le Mali que j’aime beaucoup et qui a été pour moi un lieu de pèlerinage. Je suis trop choqué par rapport à ce qui se passe au Mali. Je demande au bon Dieu de réconcilier les cœurs des Maliens.

L’indépendant : Est ce que vous entretenez des relations avec des officiers de l’armée malienne ?

Z.K. Entre les officiers maliens et moi, il n’y a rien de grave. Il faut savoir que l’armée malienne a été pour moi une armée respectueuse. Il y a eu beaucoup de choses au Mali lors de la rébellion chez nous, que je ne vais pas dévoiler ici. Nous sommes tous de la famille militaire. J’ai des amis au Mali.

L’ex chef de guerre de la rebellion et actuel directeur général de la police militaire de la Côte d’Ivoire Zakaria Koné: «Nous ne sommes pas impliqués dans la déstabilisation du Mali»

L’indépendant : vous avez dit tantôt que vous dirigez la police militaire pouvez-vous nous la décrire ?

Z.K : La police militaire a été créée le 19 Décembre 2011, elle a pour mission de traquer les faux militaires. Vous savez que nous venons d’une guerre où les armes étaient en circulation, donc la police militaire, veille sur tous les porteurs d’uniforme (policiers, gendarmes, eaux et forêts, douaniers etc) afin de faire régner la discipline au sein des FRCI. Si un citoyen est victime d’une injustice commise par un militaire, il peut nous appeler sur des numéros verts que nous avons mis à la disposition des citoyens.

L’indépendant : On sait que la sécurité est encore fragile en Côte d’Ivoire, que comptez vous faire ?

Z.K : On dit généralement que c’est petit à petit que l’oiseau fait son nid. Nous sommes là dessus. On ne dévoile pas les secrets militaires mais nous allons maîtriser cette situation. Hier, le samedi dernier) quand vous m’appeliez j’étais à Yamoussoukro pour vérifier des opérations et d’autres vont suivre.

L’Indépendant : Votre frère d’arme Ousmane Cherif qui a été toujours votre compagnons où est-il aujourd’hui ?

Z.K : Rigolant, Depuis l’arrivée du président de la République Dr Alassane Ouattara, Ousmane Cherif a été nommé Chef de l’état major particulier à la Présidence de la République, mais pourquoi vous posez cette question ?. Il parait que des rumeurs à Bamako font dire que c’est Cherif et moi qui sommes détenus parce que nous y avons été comme des mercenaires. Je vais vous donner le contact de Cherif après cet entretien. Vous allez vous même l’appeler. J’étais hier avec lui à la Présidence. Mais que les gens cessent d’intoxiquer la population, nous nous battons pour que la paix revienne au Mali, parce que nous avons nos parents là bas, pour certains des amis.

L’indépendant : Quel est votre mot de la fin ?

ZK : D’abord comme je l’ai dit au commencement, je remercie le journal L’Indépendant pour son professionnalisme dans le métier, car quitter Bamako pour venir à la source d’une information que moi j’avais banalisée.

Ensuite je prie le bon Dieu pour que le Mali retrouve sa quiétude et sa stabilité car ce pays me tient à cœur.

Seydou DIAMOUTENE

Depuis Bouaké

09 Août 2012